| Open SuperBike à Pau Arnos |
Pas de BOL mais du PAU ! Après une saison bien commencée, ternie au milieu par des blessures longues à cicatriser et des casses lors des courses d'Endurance disputée avec le Motorrad Action Team il fallait que je concrétise mon retour en forme par une victoire lors de la Finale du Championnat de France Superbike. Au Bol, deuxième, à Carole,Quinze Tours en Tête et le pneu arrière qui perd du grip me fait rétrograder 4ème. J'ai de nouveau la forme et je compte bien le prouver. Les conditions météo sont particulièrement dures. Pluie récurrente, humidité saturante, froid automnal, la piste passe du séchant à l'inondé avec flaques et ruisseaux coupant les trajectoires pendant les essais. C'est lors de la seule séance effectuée pratiquement sur du sec que je connais la plus grosse alerte du week-end, un guidonnage au changement d'angle de la chicane rapide me fait sortir de la piste pour un tout-droit de 200 mètres heureusement tous contrôlés malgré le copieux menu d'herbe mouillée précédant un saut de vibreurs, suivi d'une courte portion de bitume pour rattraper la ruade et bac à graviers pour finir le freinage au pied du rail. La détente de suspension arrière trop freinée rend ma moto très vive du train avant sur lequel se répercutent les contraintes et elle me balance de violents guidonnages à plusieurs reprises. Le mal décelé, un simple réglage résout le problème. Pour les tours chronos et la course ce sera de l'inondé exclusivement. Si les conditions sèches sont toujours préférables, le coté dur et impitoyable d'une telle course ne me laisse pas indifférent. Je le prouve aux essais chronométrés en m'emparant de la pôle-position lors des deux séances. Avec 1,2 seconde d'avance sur Delétang qui précède Fernandez sur l'autre Yamaha R7 et Ludovic mon co-équipier chez Kawa de 1 et 2/10ème, je me sens confortable. Mais si pour moi, l'enjeu est de réaliser une belle performance et de reprendre la troisième marche du podium final à Delétang, il est également d'aider Ludovic dans sa conquête du titre face à Protat et sa Ducati. Ludo doit impérativement terminer au minimum deuxième. Nous échafaudons les scénarios possibles et organisons le panneautage. Je ne laisse le soin à personne de mener le tour de chauffe et réalise également le Holeshot lors du départ. D'entrée de jeu, je hisse le ton assez fort espérant m'échapper en compagnie de Ludovic Holon qui, scénario idéal, est deuxième. Mais, Ludovic passé par Delétang, le scénario se noirçit pour moi car s'il reste en l'état, je dois abandonner la victoire et la 3ème place au championnat au profit du titre de Ludovic qui est prioritaire. Mais, alors que Delétang s'accroche à mes basques sur sa Yamaha chaussée de Michelin, je lui montre que les Dunlop de ma Kawasaki ne sont pas mal non plus. Quand sur la chute de Ludovic, l'espoir de titre s'envole, l'enjeu pour moi est simple : gagner ! Une tentative de dépassement de Jean-Marc m'incite à hausser encore le ton. Là, je me régale, glisses, dérives, aquaplannings contrôlés dans les flaques, exploitation maximale du grip pour les vitesses de passage, dépassement d'attardés sans soucis (merci les drapeaux bleus et les commissaires qui les agitent). Un pilotage en permanence sur le fil avec un feeling parfait et une grande confiance. La Yamaha bleue s'éloigne progressivement dans le rétroviseur chiffré de mon paneauteur et disparaît définitivement sur un D-O pour Delétang Out, victime de la flaque du bas de la descente. De +2, les secondes me séparant du deuxième passent à +30 et je n'ai plus qu'à me laisser confortablement glisser vers la victoire. Il y a quinze jours, pour ceux qui ne lisent pas Moto-Journal, mon billet racontait la satisfaction d'avoir bien piloté, l'adrénaline de la limite, le bras de levier de la victoire, là j'ai eu ce qu'il fallait pour passer l'hiver. Fast Sebil termine ce championnat SuperBike 2000 à la troisième position.[NLDR] Bertrand Sebileau. |