Sound Of Thunder à Assen
le 16/09/00, par Michel Robert.
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La préparation

Nous avions déjà effectué le voyage vers ce temple de la vitesse qu'est Assen il y a deux ans.
La JBB/BMW et la Suzuki TLS étaient dans nos bagages et elles n'avaient pas démérité (un podium et des points).
C'est avec plaisir que nous avons accepté l'invitation de l'organisateur bien que, pour moi, le choix était difficile puisque le Bol d'Or se déroule en même temps à Magny-Cours.
Nathalie y est engagée et, nous l'apprenons la veille du départ, s'est qualifiée sur sa Yamaha R1.
Le Master a rendu l'âme en rentrant de Ledenon et c'est avec des moyens de fortune que nous entreprenons le voyage Vendredi matin.
Fred, le frère de Jérôme, est venu avec son Espace et un collègue d'Annecy, (Fred aussi) avec la sienne.
Tout l'équipement habituel est rentré, non sans mal, dans les deux voitures et nous arrivons en fin d'après-midi à Assen pour effectuer les contrôles techniques.
Assen est un des nombreux circuits européens menacés par la pression des riverains. Le bruit, raison invoquée, vient limiter les manifestations et leur durée. Il n'y a, pour cette épreuve, que le samedi et le dimanche de réservé.
Nous allons commencer directement par les qualifications.
Francisco, notre coordinateur de Sound of Thunder, nous signale que nous pouvons nous inscrire aussi à l'épreuve des SuperTwins qui se déroulera en même temps que l'épreuve Formula Twin réservée aux deux soupapes.
Nous sommes six français engagés en SOT (Charles-Artigues, Diss, Maïsto, Schwarz, Ledoux et moi. Seul Maïsto a amené deux motos (sa 916 et une 888 montée avec un 2 soupapes de ST2), Sébastien Diss (Bimota), Christophe Charles-Artigues (Guzzi) et moi allons l'accompagner pour cette deuxième épreuve.
Nous déposons tous notre attirail dans les deux stands qui nous sont attribués et partons dîner en Ville.
Assen n'est qu'à 4 kms du circuit, c'est une ville moyenne typiquement hollandaise avec un petit centre ville aménagé en piétonnier (vélos autorisés, bien entendu !) et une agglomération peu dense autour traversée de grandes avenues bordées d'arbres.

Les essais

Réveil de bonne heure, samedi, pour découvrir une petite bruine. Il faut monter les pneus pluie et c'est un baptême humide pour l'@tomo qui va faire ses premiers tours de roue dans ces conditions.
Nous commençons par les qualifications SOT et je décroche le huitième temps. Bien que confiant dans la tenue de route, je teste avec prudence le frein carbone sur la piste humide, pas de problèmes particuliers mais la séance paraît courte. Maïsto est 34 ème, Ledoux 23 ème, Diss 14 ème, Schwarz 11 ème et Moustique dixième.
Nous partons une demie heure après pour les qualifications SuperTwins avec les mêmes pneus mais la pluie a cessé et les trajectoires sèchent. Je vais ruiner ma paire de pluie mais nous n'avons pas le temps de changer les roues.
Les meilleurs chronos vont être effectués par ceux qui ont misé sur les slicks pour la fin de séance. Je ne suis que 13ème à l'issue de cette manche, Moustique est septième, Diss 22 ème et Maïsto n'a pas pu finir sa moto à temps.
Enfin, le temps s'éclaircit et les deux séances de l'après-midi vont se dérouler sur le sec. La moins usée de mes paires de vieux slicks à été montée. Elle devra faire les deux séances et nous voilà partis pour les SuperTwins. C'est le plus ancien des disques carbone qui est monté, sans cache, car il est devenu assez mince et donc a moins d'inertie à la chauffe.
10 tours plus tard, j'ai décroché le 9ème temps, Moustique le 12ème, Maïsto le 14ème en deux soupapes).
C'est Sébastien Diss qui sauve l'honneur et prenant la cinquième place. Il réitère sa cinquième place en manche SOT alors que j'améliore mon chrono (1'30"5) mais finis dixième seulement. Moustique est 15ème, Franz avec sa Laverda est 20ème, Maïsto est 19ème et Ledoux 34ème.
Les dix premiers sont les mêmes dans les deux catégories et deux secondes me séparent de la pôle (1'28) dans les deux cas. Je sais que je vais pouvoir améliorer mais les autres aussi certainement. Je dois miser sur la régularité car la moto n'est pas fatigante.
Sébastien me prête un arrière de qualification pour la manche SuperTwins de demain car je n'ai une paire de pneus neufs. L'avant est endurant et fera les deux manches. Plein de machines superbes nous entourent, des motos dérivées du Superbike (Ducati, Aprilia) ainsi que des prototypes sur base de Guzzi, BMW, Honda, Laverda, Suzuki (Barracuda de Nikko Bakker) et deux machines d'exception avec la Britten et la Chicane.
Cette dernière est aussi avec une triangulation avant (sans fourche) et un moteur Folan hérité du tout-terrain. Les mécaniciens de ces deux dernières sont venus observer de près l'@tomo et discutent avec nous dans un mélange de langues du plus bel effet.
Tout le monde est content de sa journée et nous repartons pour le centre ville en groupe pour nous restaurer.

La course

Une petite bruine nous réveille, comme à l'habitude, une inquiétude supplémentaire qui vient se rajouter car il va falloir enchaîner les deux courses et changer le pneu arrière. Si l'on monte des slicks et des pluies en réserve, il faudra changer éventuellement ceux-ci dans la demie heure de battement.
Heureusement pour nous, le temps vire plutôt au sec pour l'après midi. Premier acte, l'épreuve SuperTwins, démarre à 15h et la meute des engins est lâchée pour le tour de chauffe. Jérôme trouve que le disque ne chauffe pas assez et a monté un demi cache sur l'@tomo.
Je m'applique à le faire chauffer mais je sais que son rendement normal ne sera atteint qu'au bout de deux tours. Le départ est donné, je m'élance de la troisième ligne mais le gros freinage du bout des stands est encombré et je ne sors dans la ligne droite qu'aux environs de la quinzième place.
En trois tours, je suis revenu à la septième place lorsque je ramarre Moustique qui suis de près Sébastien. C'est devant les stands et, freinage carbone oblige, je les croque d'un coup tous les deux. Encore quelques tours et je suis troisième derrière Van Dijk et Bakker sur Ducati.
Nous rattrapons quelques attardés et c'est très délicat car les vitesses de pointe sont atteintes dans des enfilades avec des points de corde obligés. Il faut, soit prendre un risque, soit sacrifier beaucoup de vitesse pour doubler. Encore deux tours avant l'arrivée, je passe le second mais le freinage perd de son efficacité dans les derniers mètres et je contrôle à peine les tout droits qui me guettent. J'assure quand même la deuxième marche du podium.
Moustique est septième,Sébastien a perdu un bouchon de fourche et s'est arrêté. Maïsto est 10èmede sa catégorie. Un bref passage au cidre sur le podium et nous voilà repartis pour la manche de SOT. Jérôme m'a troqué le 555 de qualification pour un 587 (pneus Dunlop) plus dur qui devrait me permettre d'insister plus sur les accélérations. Il a aussi enlevé le demi cache disque car la température avait, effectivement, dépassé la limite de fonctionnement.
Troisième ligne encore, je me sors mieux de l'épreuve du départ pour arriver aux environs de la septième place dès le premier tour. Deux tours plus tard, je suis quatrième mais très proche des trois premiers où figure Sébastien Diss.
C'est alors que le moteur commence à me faire des coupures violentes à fond de régime. J'espère que cela va se stabiliser mais, pas de chance, le phénomène commence à apparaître dans les accélérations à pleine charge. Plus j'insiste, plus la coupure est longue et je dois me résoudre à limiter ma rotation de poignée pour diminuer les pertes de vitesse que cela engendre.
Je perd régulièrement du terrain et me fais rattraper par un groupe de furieux composé de quatre pilotes dont Platacis sur la Britten et Moustique sur la Guzzi. Je suis alors huitième maisSébastien casse son moteur à deux tours de la fin, et Platacis, dans le dernier tour,casse sa suspension arrière. Je manque de le percuter car il ne contrôle plus sa direction dans le virage où je le rattrape.
Grâce à l'@tomo qui reste manœuvrante en plein freinage, je réussis à le frôler et à ne pas sortir de la piste. Cette sixième place est décevante car il était possible d'envisager de gagner mais enfin, je termine et prend les points de la seconde place en SOT car quatre des pilotes devant moi ne sont pas inscrits au championnat.
A part Diss, tous les autres français sont à l'arrivée, Moustique cinquième, Maïsto 9ème, Schwarz 17ème et Ledoux 25ème.
Platacis vient me remercier, après l'arrivée en disant "You save my life", il croyait bien que j'allais le couper en deux dans le virage où il a perdu le contrôle de la Britten. Cela aurait été un fameux carnage de broyer en même temps l'@tomo et la Britten !

Conclusion

Avec la redoutable concurrence d'Assen, l'@tomo n'a pas démérité sur ce circuit très différent de Ledenon et cela nous donne plein d'espoir pour la manche de Carole et ses nombreux freinages.

Tout le monde se retrouve, après le rangement, pour un dernier dîner en ville où Sébastien se fait moitié consoler, moitié charrier par la troupe des français hilares.

Michel Robert. (20/09/00)