| Championnat de France Open - Circuit de Ledenon, 22-23/06/02 |
| Résumé de Course de David Vaudry |
Après les températures négatives de Magny-Cours, les pluies de Carole, les orages de Nogaro, c'est avec plaisir que j'installe mon matériel sous le soleil. Pendant quatre jours les collines de Lédenon vont rester plombées par 40° sans vent ! Pour mémoire, le circuit se dessine au milieu des collines et est surnommé le grand huit... Le dernier kilomètre pour y accéder se fait en première ... ! Ce tracé très technique a reçu un revêtement neuf en début d'année . J'ai hâte de l'affronter et d'effacer le piètre souvenir de l'épreuve 2001 où j'avais terminé 9ème au guidon d'une machine qui ne marchait pas. Le moteur avait même cassé juste après l'épreuve ! Les séances d'essais du jeudi et vendredi se déroulent sans encombres et vu les températures, c'est sans soupirer que l'on accepte nos horaires : 8h30 du jeudi au dimanche ! Le jeudi se passe à régler la moto et à trouver un braquet. Vendredi sur une moto au châssis qui me convient mieux je chasse le chronos sans trop de succès. Je suis chaussé de pneus qui ont déjà une course, une séance qualificative, les essais libres de Nogaro et la journée d'hier ! Autant dire qu'ils sont lisses et que chaque accélération un peu généreuse me met en glisse. Dans ces conditions je ne parviens pas à descendre en dessous des 1'37 '4. Pendant que Jean-Michel Salvaia qui se veut un peu chez lui ici fait des ronds autour de moi en 1'35'5 et que Eric Mairone sur son circuit favoris nous tue le moral en 1'34 ! Ces deux là récoltent tout le travail qu'ils ont fait cet hiver et on ne peut que les féliciter. Le soir une entreprise vient refaire des portions du circuit ! La chaleur est telle que le bitume se décolle sous nos roues ! Des trous apparaissent dans plusieurs virages et les gravillons goudronnés volent dans tous les sens ! Au mois d'août, la piste sera à nouveau fermée pour être complètement refaite... dans les normes cette fois ci ! Samedi 8h30, première série qualificative. Je parts avec des pneus... plus récents ! Ils n'ont qu'une course. J'espère tourner en 1'36. Gagner 1.5 seconde en onze petits tours me semble réaliste et ça ne me met pas trop loin des leaders. A chaque tour j'analyse, virage par virage, je me parle, je cherche des repères, je les repousse, je modifie un peu les trajectoires... c'est très agréable d'être ainsi concentré. Au 7ème tour je suis en 1'36''00. Je suis à l'aise et perçois assez bien les points à améliorer. Etouffé par les performances des abonnés aux podiums et autres pilotes locaux, je n'ai pas été assez ambitieux. Aussi je ne relâche pas l'effort et continu à soigner mon travail... ça paye ! 1'35'6, 1'35'7, 1'35'4, 1'35'4 ! Je signe le 5ème temps. Incroyable ce que l'on peut faire avec des pneus en bon état... C'est avec une joie non dissimulée que je partage cette performance toute personnelle dès mon entrée dans les stands avec Marie, redevenue ma femme depuis que la présidente a éteint son chronomètre ! Devant comme je m'en doutais nos régionaux de l'étape on fait des exploits. Eric (3) signe la pôle dans un écrasant 1'33'6. Il est accompagné sur la première ligne de Jean-Michel (24) en 1'34'5, Florian (21) en 1'34'93 et Fred Jonqueur (111) en 1'35'2. Jean-Yves Bonnet, deuxième ici l'année passé, s'est malheureusement cassé la clavicule dès le deuxième tour. Trop pressé d'honorer ses sponsors à domicile, il s'est fait piéger par toute la poussière laissé lors des travaux de réfection. Passé la satisfaction de ce mini-exploit, je relativise les choses. Demain il y a une 2ème série qualificative. Les pneus perdent de leur grip et ont beaucoup glissé dans les deux derniers tours. De plus, certains pilotes ne sont pas à leur place sur la feuille des temps et je devine que la contre attaque n'est pas loin. Dimanche 8h30. Objectif surveiller l'adversaire et rester en 2ème ligne pour espérer faire entre 5 et 8 ce week-end. Laszlo Tauber (4) se glisse en première ligne en signant un 1'34'8. Je passe en sixième position mais surprise, c'est sans difficulté que j'ai pu améliorer mon temps de 4/10 pour signer un 1'35'0 ! Dommage que la piste ne m'est pas été plus favorable lors du dépassement des autres pilotes. Dimanche 17h30. Finale... en pré-grille on se protège comme on peut : ombrelles, serviettes mouillées et surtout boire !J'angoisse. Le podium est à 2/10 seulement. Seulement voilà, à chaque fois que je le frôle, il me glisse entre les doigts... et souvent en forme de chute... Aujourd'hui il fait très chaud, la piste est dégradée et les temps sont serrés. Il y a moyen. Avec du physique et de la patience. Dès le premier tour il n'est plus question de podium ! Beaucoup trop prudent je me fais rentrer de toute part et termine cette première boucle en 10ème position ! Il ne reste que 12 tours pour rattraper au mieux cette bévue. Tout en restant sur mes roues. Même si je me sens plus rapide que les pilotes qui me précèdent rien n'est simple. La remontée se fait avec des fortunes plus ou moins bonnes. Chacun joue sa course et donne le meilleur. Le pilote que je m'apprête à doubler fait lui aussi une tentative sur un autre et me ferme les portes par la même occasion. Les freinages sont retardés, ça se rate dans les entrées de courbes, ça passe, ça repasse... Il me faudra passer David Cavard (29) trois fois avant d'en être débarrassé ! Je bute un long moment sur Denis Fuchs (68). Nos styles complètements différents se heurtent et je ne trouve pas l'ouverture malgré des temps chronos catastrophiques qui laissent échapper loin devant Frédérique (111) et Laurent (18). Je commence un intérieur sur Denis et frayeur, il coupe en pleine courbe, je passe et l'évite de justesse. Le temps de voir sa main se lever pour prévenir qu'il est en panne. Son moteur vient de casser. Désolé pour lui. On est au 8ème tour, la course se termine je suis 6ème. Laurent est devant avec une avance confortable. Libéré de tout duel j'essaie de reprendre de bons repères pour rouler dans mes chronos. Laurent est 3 points derrière moi au classement général. Le doubler n'est donc pas essentiel. A cet instant, je fais une bonne opération. L'extraordinaire Elvis (77) qui me devançait d'un point est 9ème en course. Si je reste sur mes roues je repasse 6 au championnat. Malgré la chaleur et l'avancement de la course je suis en forme. Mais je n'arrive pas à faire ce que je veux. Bien plus rapide que la veille la moto ne suit plus. Le braquet est finalement trop court si bien que le moteur coupe en bout de ligne droite. Quand à l'amortisseur il talonne et je glisse sur les accélérations en pleine charge... il n'y a que ça à Lédenon ! Composant avec ces désagréments je fais tout de même la jonction avec Laurent. J'ai trouvé une possibilité de dépasser proprement... pas question de chuter maintenant... on revient sur un attardé... je suis dans la roue de Laurent... le pilote est au milieu de la piste.... Laurent choisit de passer à l'extérieur... le pilote écarte anormalement sa trajectoire... on coupe... Laurent évite la collision de justesse... je pense même jusqu'à l'arrivée qu'il est out tant c'était chaud ! Moi j'ai juste eu le temps de plonger à l'intérieur. C'est en 5ème position que je franchis la ligne d'arrivée. Dans un sentiment mitigé. D'un coté je suis heureux. J'ai réalisé de bons essais. J'ai progressé sur de nombreux points comme la vitesse d'entrée de courbe. Je suis au top physiquement. Et je n'ai jamais baissé les bras ! D'un autre coté, j'ai peut être encore raté un podium. Pas d'entraînement, des pneus usés, manque d'agressivité dans le premier tour... Le prochain rendez vous est pour la semaine prochaine à Spa/Belgique. 85% de pluie dans l'année... mon talon d'Achille ! Le grand favoris pour cette épreuve est Jean-Michel pour avoir participé au 24h. Dijon en clôture de saison étant aux portes de chez lui, il devient l'homme à battre... surtout après sa splendide victoire de Lédenon ! Pour Eric et Florian tout reste possible. La pression n'est pas la même c'est tout ! Merci et bravo à Thierry, importateur et revendeur des produits Excelcior, qui a profité de cette épreuve pour nous rendre visite et monter un stand pour présenter ses produits ! David Vaudry. |