Coupe Ducati Evoluzione
Le bilan de la saison de David Vaudry et Yann Levasseur

David Vaudry 4ème de la Coupe DUCATI Evoluzione
La saison 2002 est finie !
L’heure est aux constats et aux projets... Mais d’abord les résultats !
Heureusement que je ne vous avais rien promis, le podium m’est encore passé sous le nez !
Je l’ai pourtant caressé de très près !
Pour cette dernière épreuve j’avais un double challenge : souffler la 4ème place au général à Frédéric Jonqueur (111).
L’écart au classement est de 6 points, c’est énorme... Pour combler le trou, il me fallait bénéficier de places donnant droit à un bonus. Le podium !
Deuxième challenge ! ! !
Pour avoir une chance de concrétiser je dois absolument partir de la première ligne.
Première manche qualificative, notre superman , Jean-Michel Salvaïa (24) couronné après ses trois dernières victoires consécutives s’empare de la pole position en 1’30’3.
Quand à moi j’échoue en deuxième ligne, à la 5ème place à 6/100ème du 4ème temps.
Bien énervé, je parts pour la 2ème qualification le couteau entre les dents !
Ma stratégie est simple et connu de tous : prendre la piste dans les premiers et faire un temps avant de revenir sur les plus lents !
Comme sur des roulettes ! Je sorts devant tout le monde de la voie des stands, fais un tour de chauffe et dans le 2ème tour claque un 1’30’82 à 5/10ème de la pôle !
J’arrache la 4ème place de la première ligne pour 3/100ème sur Florian Levasseur (21). En 2ème position on retrouve Eric Mairone et juste à ma gauche...
Frédéric Jonqueur bien décidé à rester 4ème du championnat !

Mise en grille vers 19h00 !
David Vaudry sur le circuit de dijon presnoisJ’ai eu toute la journée pour imaginer des scénarios sur le déroulement de la course. Le film retenu : virer en 2ème position au premier virage derrière Jean Michel et de m’accrocher à sa roue au maximum.
Si les temps à l’issus des qualifications sont serrés, je pense que notre poleman peut atteindre des chronos rapides dès le début de course.
Ce qui nous permettrait de creuser un petit écart à gérer pour sauver une marche du podium...
Feu rouge... je cale le moteur à 7000 tours/mn... je m’allonge sur le réservoir pour charger l’avant... la tête est dans la bulle...
feu vert ! ! !... je soude l’accélérateur et lâche progressivement l’embrayage... départ canon !
Fred et Eric s’effacent instantanément de mon angle de vision !
La pellicule tourne ! J’arrive à la hauteur de Jean-Michel... je lui jette un oeil... surpris de le dépasser en pleine ligne droite... et contrarié qu’il ne respecte pas le scripte !... Stresser par la volonté de gagner à domicile devant sa famille, ses amis et ses sponsors, ce dernier s’est raté et est en train de réaliser une magnifique figure puisqu’il est sur la roue arrière depuis une cinquantaine de mètres ! ! !...
Me voilà installé en tête d’une course pour la première fois !
Avant le premier freinage tout me traverse l’esprit ! Dont plusieurs souvenirs de pilotes qui menant pour leur première fois se sont retrouvés au sol !
Pas question d’emballer la machine, je ne battrais de toute façon pas Superman chez lui !
Malgré tout, c’est avec joie que je boucle le premier tour en tête et passe devant ma femme qui stupéfaite en oublie de me panneauter !
Ca fait 3.8km que je traîne derrière moi le poids des autres... je les sens... Avant même la fin de la ligne droite Florian me passe.
Ca me déstabilise un peu. Je ne l’attendais pas si tôt mais ce dernier est toujours très incisif en début de course et teigneux à défendre sa place.
D’autant que ce week-end il joue la 2ème place avec Eric Mairone. Je m’accroche à sa roue mais à la fin du 2ème tour Jean-Michel me déboîte dans la longue ligne droite des stands. Je suis 3ème !
Je ne lâche rien et reste dans le coup malgré un manque de motricité que je ne m’explique pas complètement.
D’autant que je suis dans mes temps de qualif’ avec des pneus neufs et que je n’ai pas eu de soucis le matin...
Au 5ème tour et toujours dans cette foutue ligne droite les bras m’en tombent !
Fred me déboîte emmenant dans son aspiration Eric. Je veux réagir de suite et leur faire les freins mais ils me bloquent.
C’est Eric qui profite le mieux de l’affaire en dépassant Fred en bout de ligne pour s’emparer de la 3ème place.
Décidément, rien ne se passe comme prévu, et ça continu de travers puisque dans la 6ème boucle Laurent Rameau (18)... me fait l’aspiration dans la ligne droite ! ! !
Mon rival au classement général !
Tout part en sucette, c’est trop ! D’autant que Fred se fait déjà lâcher par les premiers. Heureusement Laurent ne parvient pas à se rabattre devant ma moto. Aussi, bien que sa position l’avantage pour rentrer dans le droite du bout de la ligne des stands, j’ai encore la tête dans la bulle quand il se relève pour freiner... et je conserve ma 5ème place.
Pendant deux tours je fais le forcing sur Fred pour passer. Rien. Il commet des erreurs, se retourne constamment et laisse partir les hommes de tête. Il sait ce qui ce joue entre nous et ne veut rien céder.
Malheureusement, dans le 8ème tour c’est l’incident, il part à la faute sur un changement d’angle à grande vitesse sur le 4ème rapport... sa machine glisse devant la mienne... je saute sur les freins pour éviter la collision... le point de corde se dégage... je reprends ma course mais le mal est fait.
Le podium est loin mais surtout Elvis Lolliot, l’autre enfant du pays et Laurent ont recollé. 10ème et dernier tour, dans un double gauche je perds l’avant !
Le guidon vient en buté... j’entends les carénages frotter par terre... je sens mon pied coincé sous la moto... je chute sans comprendre pourquoi... à deux virages de la fin... sur la dernière épreuve... NON !
dans un dernier réflexe je contre braque... la moto reprend brutalement de l’adhérence, les pieds sont dans le vide, mes fesses quittent la selle mais je repars sur mes roues ! ! !
Mes poursuivants n’en reviennent pas, mes amis placés justement dans ce virage non plus et moi encore moins !
Dernier droit qui commande la ligne d’arrivée je me demande encore comment j’ai pu tenir cette 4ème place avec autant de faits de courses ? ? ?
Je vais prendre un tour à Alain Mériadec (78), il est déjà très à l’intérieur. A la vitesse où j’arrive sur lui je ne peux que passer à l’extérieur... les commissaires agitent logiquement les drapeaux bleus pour signaler à l’attardé que la tête de la course lui prend un tour... dans ce cas précis il aurait dû garder sa trajectoire.
Au lieu de ça il écarte et me tasse vers le bac à gravier ! On va partir au tapis tous les deux c’est sûr ! J’élargis dans la poussière et ne peux ressortir de la courbe normalement. Elvis en profite et se glisse à l’intérieur laissé libre par le 78...
Il passe la ligne d’arrivée avec 1/100ème d’avance sur moi et me subtilise la 4ème place en laissant éclaté sa joie !
Je suis un peu déçu pour le podium mais si la façon dont ça c’est fait ne me ravit pas, je réalise tout juste que j’occupe la 4ème place du classement général derrière Jean Michel Salvaïa (24), Florian Levasseur (21) et Eric Mairone (3) ! ! !
Alors ! Après trois semaines de vacances, l’heure est au bilan.
Très condensée avec 7 épreuves en 5 mois, la saison 2002 a fait la part belle à ceux qui ont touché leur moto de bonne heure ou qui n’en ont pas changé.
Ces derniers ont pu prendre l’ascendant dès les premières courses avec du matériel affûté ou/et de l’entraînement hivernal.
Qui plus est, un tel calendrier met à mal les budgets avec des courses trop rapprochées. Dans cette configuration, difficile également de réagir techniquement ou même d’aller s’entraîner. Je n’ai fais qu’une sortie d’essais libres en plus des 7 manches !
Les instances de la F.F.M perdent un peut de vue que nous sommes des pilotes amateurs et que d’autres impératifs professionnels ou budgétaires nous retiennent...
Après une saison 2001 rendu difficile et frustrante pour cause de mauvais matériel, j’avais à coeur de bien faire en mettant les petits plats dans les grands pour améliorer ma 8ème place et rentrer dans les cinq premiers.
Le programme était ambitieux : cross, sport et stage de pilotage... Mais vous vous en souvenez sûrement... 23 décembre fracture de la cheville en cross, immobilisé deux mois... c’est finalement fraîchement déplâtré que j’arrive mi mars pour la première course au Mans avec une machine stock... et un traitement de piqûres pour finir ma calcification !
Dans ces conditions c’est en regardant le bon côté des choses que j’accepte avec joie cette 4ème place finale. Mon bilan est donc positif !...
et me propulse vers 2003 ! Pas question d’arrêter ainsi ! Quand j’additionne les « si », j’aurais du gagner ce championnat et plus encore ! ! !
Par contre, plus question de rouler non plus dans de telles conditions. Il me faut trouver plus d’aide matérielle et financière. Je suis plus motivé que jamais. J’ai déjà repris le sport et le cross. Je vais finir la saison par des endurances tout terrain.
Et je dois me faire enlever les broches qui se font de plus en plus douloureuses dans la cheville.
L’objectif 2003 n’est pas encore défini et dépendra de l’aide que l’on va m’offrir.

Au niveau national il existe trois grandes catégories de championnat de vitesse.

  • Le championnat Promosport.
    Accessible financièrement et ouvert à toutes les marques, il est devenu très délicat de bien y figurer avec du bon matériel.
    La guerre à l’armement des constructeurs démode le matériel d’une année sur l’autre, rendant délicat le relationnel avec les partenaires ainsi que la préparation et la connaissance des machines.


  • Le championnat Open Superproduction avec un règlement technique proche du mondial, donc dans des coûts pas du tout abordables !


  • Enfin les Coupes Monomarques avec des machines relativement proches les unes des autres.
    Inconvénient majeur, elles vivent au travers de partenaires qui imposent leurs produits. Ces marques utilisent le championnat comme vecteur de communication...
    Au dépend du pilote puisque le ticket d’entrée frôle rapidement les 2300 euros pour acheter ce que l’on appel un pack pilote.
    En 2003, une nouvelle formule de la coupe Ducati devrait voir le jour sous cette forme.


  • Autre grande spécialité nationale : l’endurance. Une coupe existe depuis 2 ans et devrait devenir un championnat de France dès l’année prochaine avec 4 épreuves.
    C’est peut être vers cette formule que je vais me diriger. Même si à ce jour mon coeur est à la vitesse. Tout est financier. Mon rêve serait de trouver un budget de fonctionnement et de me faire prêter une machine pour un championnat de vitesse !

    Ducati 900 ssieLE rêve quoi ! ! !
    Réfléchissez-y ! Grâce à la famille Balavoine, C.R.P, j’ai déjà eu 3 fois le prix du Look pour la présentation de ma machine.
    Mon sérieux et ma pugnacité ne sont donc plus à prouver !
    J’ai conscience qu’il est difficile d’avoir des retombées pour un mécène tant la couverture médiatique est maigre.
    Pour y arriver il faut encore s’investir à l’image d’Action Moto Le Havre.
    Sylvain a axé toute sa communication autour de moi. Campagne d’affiches 4*3, pubs magazines et salons de la moto.
    L’appel est lancé ! ! !
    Si comme mes partenaires vous aimez la moto ou tout simplement comme d’autres encore, si l’idée de soutenir quelqu’un qui s’investit à 100% vous séduit alors devenez sponsor de l’E.N.V et participez à mon aventure !
    Je peux jouer devant... à vous d’y croire ! ! !
    En attendant, je voudrais remercier ceux qui suivent ainsi que mon entourage pour leur soutien sous toute ses formes.
    Chaque geste même modeste en apparence allume un peu plus la flamme et donne envie de bien faire et de se surpasser.



    Encore merci !
  • Conseil Général de la Seine-Maritime,
  • Sylvain et son équipe, Action Moto, Le Havre,
  • La famille Balavoine, Carrosserie Réparation Peinture industrielle, Beuzeville,
  • David et Elise Turpin,
  • Raphaël, Azur Assurance, Le Havre,
  • Christophe et Christophe, restaurant La P’tite Grappe, bord de mer Le Havre,
  • Mr Le Gréves, casques Kiwi,
  • Patrick, Motoloisir, concessionnaire Ducati Brionne,
  • Groupe Auxitec, Le Havre,
  • Alex, SMPI,
  • Thierry, Gants Excelcior,
  • Patrick Pécourt, Dartois Racing Team.


  • David L’Avide !

    David Vaudry
    Yann Levasseur en Coupe DUCATI Evoluzione

    Direction la Bourgogne pour cette dernière manche de la coupe 2002.
    Arrivée le Mercredi soir à la fraîche, ce n'est que le Jeudi matin que j'ai pu apercevoir une partie du circuit pour le moins vallonné et que quasiment aucun pilotes de la coupe ne connaissait et pour cause il n'y avait pas eut de course moto sur ce circuit depuis 15 ans !
    Donc le jeudi matin 8h30 1ére séance de roulage libre pour une découverte du circuit prise de repère et mémorisation des courbes de ce circuit très rapide ma moyenne au tour était plus élevée que pour la manche de SPA, environ 140km !!!
    Le jeudi après midi amélioration des chronos et meilleur chrono de la journée en 1'41'7.
    Le vendredi même horaire que le jeudi à la fraîche le matin et grosse chaleur pour l'après midi, le circuit bien en tête il s'agit maintenant de mettre plus de gaz pour faire fondre les chronos et se fut choses faite avec un temps en 1'39'2.
    Le samedi matin toujours à la fraîche 1ére séance d'essai qualificative et un bon chrono de 1'38'568 qui me situe en 28ème position , et pour une fois je ne réalise pas mon chrono dans le dernier, pour la bonne et simple raison : Mon pneu arrière à dépasser la date de limite de consommation ce qui me cause quelque glisses à l'accélération et comme cela ne m'arrive pas tous les jours, cela m'a calmé quelque peu...
    Voilà pour la journée de samedi qui s'achève de bonne heure et nous avons toute la journée pour bichonner la moto, remettre de bon pneus et faire bronzette...
    Dimanche matin dernière séance qualif ou je me sens bien malgré un couchage tardif le samedi soir, le chrono tombe de quasiment 2,5 sec et me voilà en 1'36'015, mais tout le monde à amélioré ses chronos et dans la bataille je perd une place, ce qui me fait par la même occasion perdre une ligne et c'est donc en 9ème ligne que je m'élancerait le soir même à 18h pour la dernière course de la saison.
    Mais comme d'habitude les retards accumulés nous retardent de quasiment 1h et c'est donc vers 19h10 que nous retrouvons enfin en pré-grille, difficile dans ces conditions de rester concentré et d'arriver en pleine possession de ces moyens surtout avec la chaleur de ce dimanche.
    Comme d'habitude je prend un départ plus que moyen, me retrouvant enfermé dans le paquet, je n'arrive pas à doubler dés le début les pilotes plus lent, si si y'en à !!, et le groupe qui roulait en 1'36, comme moi, s'échappe et je me retrouve en bataille avec 2 vieilles connaissances Jean Claude Bouvier (9), doyen de la coupe, et Franck Kacszorowski (89), alias Kazo.
    Je double enfin Jean-Claude au bout du 4éme tour sur les 10 que comporte cette manche, et je me retrouve derrière Kazo, je mettrai 3 tours à le doubler, en essayant des attaques à divers endroits mais sans succès, j'arrive enfin à le doubler en lui faisant l'intérieur dans un gauche en descente, je fait un tour devant lui mais au jeu de l'aspiration dans la ligne droite des stands, qui fait 1100m, il me reprend je boucle le dernier tour derrière lui en espérant lui refaire le coup de l'aspi dans la ligne droite, mais dans le double droit qui commande la ligne droite il passe un peu plus fort que moi et je perd 2m que je comble en parti dans la ligne droite, toujours grâce à dame aspi, mais il me manquera quelque centimètre pour le battre et c'est avec 15 dixième d'écart que nous franchissons la ligne cote cote !!!
    Je finit cette ultime manche en 27ème position.
    Tour d'honneur avec fumigènes et pétards, toujours avec autant de spectateurs même à une heure si tardive.
    Voilà, manche terminée on replis le matériel et on reprend la route rapidement car je ne suis pas encore en vacances contrairement à 80% des pilotes de la coupe qui se prépare a fêter la fin de saison sur le circuit, je pris juste un verre offert par Jean Michel SALVAIA qui arrosait une nouvelle foi son titre bien mérité de vainqueur de la Coupe 2002.
    La Coupe Ducati n'étant pour le moment pas reconduit pour la saison prochaine, l'année 2003 sera sabbatique au niveau compétition.
    Je vais reprendre les ballades en motos sur la route qui commencent un peu à me manquer.
    Un gros gros MERCI à toutes les personnes, parents, famille, amis et tous les sponsors qui nous on soutenu tout au long de cette saison et qui nous on permis de la faire dans de bonne conditions.

    J'espère que l'on se retrouvera bientôt pour de nouvelle aventures.

    Yann Levasseur