| ADRIEN MORILLAS ET L'ECOLE DE PILOTAGE BMC |
| Une Rencontre de Renée Durin |
|
La rencontre avec Adrien MORILLAS a eu lieu sur le circuit de LURCY-LEVIS (Allier), à quelques kilomètres de MAGNY-COURS. Bronzé, crâne rasé, Adrien est là en "maître de stage". Ce dimanche 20 Octobre se déroule un stage d'entraînement libre. Le soleil est au rendez-vous et les motards aussi. Certains sont anxieux car prendre la roue d'un champion n'est pas forcément aussi facile que rouler sur route, mais après tout on est là pour apprendre ! Adrien n'hésite pas à faire un tour de circuit avec la moto d'un stagiaire si celle-ci à quelques petits problèmes de tenue de route et le problème est vite résolu. Adrien, parle-nous de l'école de pilotage BMC ? Elle est créée depuis 4 ans maintenant. On a fait ça en association avec William COSTES et Fred BAEZA (BMC= BAEZA-MORILLAS-COSTES).On a commencé par faire une dizaine de stages dans l'année et là, on est à 33 stages par an avec quelques journées d'entraînement (journées d'entraînement libre et journée d'entraînement conseils). Pour les journées d'entraînement conseils, c'est un petit peu différent ; il y a des séances de briefing entre chaque séance et des petits conseils sur les trajectoires, le pilotage, les réglages, etc ... Le stage de pilotage lui est sur 2 jours et c'est vraiment en fin de compte du virage par virage où on apprend vraiment la technique de pilotage, de freinage, de position sur la moto, de tout ce qui est pilotage ; pour la séance d'entraînement comme aujourd'hui les gars roulent librement avec un moniteur qui est toujours là pour rouler avec eux par séances de 20 minutes. A l'époque où tu t'occupais de Stéphane CHAMBON, tu avais la réputation d'être gourou. Es-tu toujours gourou avec tes stagiaires ? Toujours un petit peu. Je me suis occupé de Stéphane Chambon pendant un an et deux ans après il était champion du monde ; je me suis occupé de Fabien Foret pendant un an et deux ans après il est champion du monde. Ce sont les seuls pilotes dont je me suis occupé, je trouve qu'ils ont bien fini tous les deux. Fabien fait toujours des stages chez nous ; on a Juan-Eric Gomez, William Costes , Sébastien Gimbert, David Muscat. L'école a quand même, je dirai, des moniteurs haut de gamme. Tous les meilleurs pilotes français donnent des cours chez nous. A 45 ans balais, tu n'es pas encore ... "pourri". Va-t-on te revoir courir en endurance ? Si, je suis un peu pourri justement (rire) donc on ne va pas me revoir. Les dernières 24 heures que j'ai faites j'ai trop souffert physiquement ; là je me suis vraiment rendu compte qu'il fallait mettre une fin à tout ça. Avec regrets. Mais je me fais plus de mal que de plaisir sur une course de 24 heures. Sur une telle course il faut de la récupération ; quand t'as 20 ans tu récupères vite mais quand t'as 45 ans il faudrait un jour entre chaque relais, tu vois, et c'est pas le cas, là il y a 10 relais en un jour et ça va plus. Donc j'aimerais bien refaire quelques petites courses 600 comme ça pour m'amuser quoique cette année j'aie senti que la flamme de la compétition a baissé un petit peu. Maintenant qu'il y a la Coupe Nationale d'Endurance, ça ne te tente pas ? Sur des courses de 3 - 6 heures c'est sûr que là ça se fait sans souci. 24 heures c'est beaucoup trop dur physiquement. Maintenant, faire des petites courses où il y a 2 ou 3 relais oui, pourquoi pas ? mais franchement je crois que j'ai plus envie. J'ai donné quand même jusqu'à 45 ans. J'ai commencé la vitesse tard, j'avais 28 ans, mais j'ai commencé le moto-cross à 16 ans. Des tours de roues dans ma vie j'en ai fait un paquet. Mais mère me disait "mais quand est-ce que ça va te passer ?". Là, je peux lui dire que ça commence à me passer un petit peu au bout de quelques millions de kilomètres. Quoique je roule toujours en stage, donc si tu veux, j'ai toujours le plaisir de me faire 4-5 tours taquet pour me défouler. C'est pour ça que je peux arrêter la compétition mais par contre j'arrêterai jamais la moto complètement. Il y a beaucoup de pilotes que je connais qui ont arrêté la moto quand ils ont arrêté la compétition. J'ai arrêté la compétition en 96. Je roule encore, depuis 7 ans, plus que quand je courais parce que je fais 33 stages par an. En kilomètres de roulage, je roule pratiquement 2 fois plus que quand j'étais pilote. Je fais en gros 15.000 bornes par an (sur route Adrien roule en Harley comme çà il sait qu'il est raisonnable) et je fais 400 bornes par stage, soit environ 12.000 bornes par an. 27.000 bornes de moto par an c'est pas mal ? J'ai couru en GP 500, en Mondial Superbike, en Thunderbike 600, j'ai fait pratiquement toutes les catégories. J'ai fait de l'endurance à tire-larigot sur toutes les marques (chez Yam, chez Kawa, chez Honda, chez Suz). J'ai tout fait. Merci Adrien pour cet entretien. On ne te dit pas "bonne retraite !" ; la flamme commence peut-être à baisser mais elle n'est pas éteinte. On parie ? Pour obtenir des renseignements au sujet des stages, téléphoner à David au 06 16 49 58 81 ou au 04 90 79 67 50. L'école a aussi un site internet www.bmc-moto.com Elle s'est également fait voler, dans la nuit du 14 au 15 septembre 2002 à CHAMALIERES (Puy-de-Dôme), un Ford Transit siglé BMC et 3 Ducati rouges, une combinaison Adrien MORILLAS et 2 casques SHARK aux couleurs MORILLAS. Si vous pouvez aider à retrouver le matériel, une belle récompense sera offerte. Renée Durin |