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Site Officiel 24H00 Moto Endurance Le Mans TEAM KAWASAKI FUCHS / ART

Julien Da Costa et Matthieu Lagrive
Le duel Da Costa / Lagrive trop tôt avorté sur un incident de course... [David Reygondeau]

Kawasaki AGYLTECH RACING TEAM ART28ème 24 Heures du MANS, TEAM KAWASAKI FUCHS / ART

PILOTES : Julien DA COSTA, Mauro SANCHINI, Christophe COGAN, Patrick PIOT
MACHINE : KAWASAKI ZX-10R #11 SUPERPRODUCTION

Nous voici de nouveau sur le circuit BUGATTI du MANS pour la 3ème fois de l'année en l'espace d'un mois !

L'ensemble du staff s'affaire à la mise en place de toute la structure technique et d'accueil pour cette course mythique qui une fois de plus réservera son lot de surprises.

Une fois l'installation terminée les choses sérieuses reprennent leur droit.

Les pilotes se préparent à leur première séance d'essai qui nous apporte une première surprise : rien ne va plus !

Kawasaki ZX-10RPilotes et machine ne sont plus en accord avec nos choix techniques de nos derniers essais, cela semble surprenant mais demande analyse et recul avant de prendre des décisions sur les options possibles.

En fait, après analyse, il se trouve que le circuit du Mans a accueilli, le week-end précédent, une course de voiture qui à modifiée le grip général et a rendu les conditions d'adhérence précaires.

Les séances d'essais s'enchaînent et nous arrivons rapidement aux qualifications qui se déroulent dans des conditions d'adhérence moyennes demandant un grand nombre de pneumatiques différents allant du pneu pluie soft:dur aux slicks en passant par les intermédiaires.

Seul Julien DA COSTA assimile avec expérience ces conditions délicates.

Nos deux autres pilotes Christophe COGAN et Mauro SANCHINI sont, quant à eux, confrontés à la fois au désir de prouver leur efficacité sur la piste et au stress de ne pas faire d'erreur au risque de mettre en péril le résultat global du fait que le chrono retenu pour la Kawasaki ZX10-R sera le temps cumulé des trois pilotes.

Cette règle de calcul étant celle retenue uniquement pour le Master d'endurance soit les 24 Heures du MANS et le Bol d'Or.

Le verdict tombe : 3ème temps sur la grille de départ.



Le moral est bon et nous décidons de travailler uniquement sur la stratégie de course et le choix pneumatique Dunlop qui une fois de plus nous sert avec des produits excellents.

Le Warm-up va nous permettre de confirmer la machine de course dans sa configuration définitive et c'est dans cet esprit que celui ci débute.

Julien s'élance et Mauro se prépare ainsi que Christophe et Patrick afin d'effectuer des changements de roues et ravitaillements essence en configuration course et ainsi de rôder une dernière fois l'ensemble de l'équipe et du matériel.

C'est au 2ème tour que Mauro SANCHINI commet une faute d'appréciation au virage de la Chapelle qui a pour conséquence de ruiner et la Kawasaki ZX10-R et le travail de l'équipe pour parfaire les ravitaillements.

Je vais immédiatement aux nouvelles mais hélas la machine et le pilote ne peuvent être rapatriés rapidement nous laissant ainsi sur notre faim.

Dès lors j'attends avec impatience et tension le retour de Mauro compte tenu que je ne dispose que d' une demi-heure après la fin du warm-up pour prendre la décision finale concernant l'équipage définitif et le choix de la machine de course !

Mauro revient enfin avec les services de secours et immédiatement se plaint de l'épaule droite et il s'avère qu'il souffre d'une luxation.
Aussitôt la décision est prise de remplacer Mauro par Patrick PIOT.

La machine a vraiment souffert de la chute et le staff check immédiatement si nous pouvons l'utiliser pour la course.

L'ensemble du technique Kawasaki s'affaire et remet la machine blessée en condition pour prendre le départ.

Il nous reste à peine deux heures pour agir avant le début de la procédure finale de départ.

Le stress monte encore d'un cran et la course n'est pas encore partie !

Le team ART Kawasaki s'affaire dans les moindres détails avec une grande sérénité afin d'être le plus efficace possible, seule rançon pour un succès complet.

L'heure approche, Patrick PIOT nouvellement promu second pilote reçoit ses consignes et digère cette nouvelle situation avec confiance et sérieux.
Nous voici sur la grille de départ où machines et pilotes sont alignés dans l'ordre des qualifications.

Dominique Meliand vient me serrer la main et me souhaiter M..., je le remercie et lui souhaite la même chose.

Ces instants avant la course sont toujours un bonheur pour moi ou j'apprécie l'humilité et la simplicité des mots justes et sincères de certains Team Managers et pilotes qui savent rester humains malgré la fameuse "pression" .


Kawasaki FranceLe départ va être donné ...
La course va pouvoir reprendre ses droits.

Julien DA COSTA et la Kawasaki ZX10-R prouvent d'emblée qu'il va falloir compter avec eux.

La passe d'arme entre Mathieu LAGRIVE sur sa Suzuki et Julien DA COSTA sur la Kawasaki restera dans les anales !

Julien établira rapidement le record du tour en course pour un certain temps en réalisant les meilleurs partiels et meilleurs chronos.

Hélas notre joie fut de courte durée quand au 12ème tours de course alors que Julien se trouva au dernier pointage à 122 millièmes de LAGRIVE il fut victime d'un fait de course sans appel et provoqua sa chute à exactement 220 Km/h au début du freinage de la courbe Dunlop.

Le verdict tarde à tomber pour deux raisons : le service médical met plus d'une demi-heure pour rapatrier Julien du fait de l'obligation d'emprunter le chemin de retour au milieu de la foule des 24 Heures qui eut pour effet de me faire bondir auprès du service médical mettant en avant la carence des accès pouvant mettre en danger la vie du pilote en cas de problème grave et le deuxième étant d'attendre le verdict des radiographies et de ce fait la décision du médecin pour autoriser ou non Julien à pouvoir ramener la machine au stand.

Après contrôle Julien était apte à ramener sa machine d'un point de vue médical mais physiquement il ne pouvait ni poser ses pieds au sol (chevilles déplacées) et main gauche terriblement enflée par le choc, sans compter sur les effets de sa cabriole à 220 Km/h dans le bac à graviers.

Déception, regret, amertume, sentiments confus, c'est ce mélange qui émerge brutalement comme si vous aviez un beau jouet pour noël que vous souhaitez depuis un an et que brutalement on vous le prenait avant même de jouer avec, voila à quoi ressemble une course de 24 heures s'arrêtant au bout de trente et une minutes ...

Si j'avais un enseignement à retirer de tout ceci afin de faire progresser l'endurance ce serait sans doute de dire aux instances sportives qu'il faudrait reconsidérer peut-être le système de qualification afin d'éviter, dans le futur, de telles différences de pilotage sur la piste car comment oublier qu'après à peine huit tours de course les pilotes doublaient déjà un grand nombre de pilotes se faisant prendre un tour, générant des gymkhanas extrêmement dangereux et ayant dans certains cas des conséquences désastreuses et pour les pilotes et pour le spectacle.

L'essentiel pour ma part est que nous avons prouver qu'il fallait compter avec Kawasaki et que nous reviendrons ...


A bientôt.

Sportivement.

Jean François GAY

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