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Jérôme Tangre Infini Team Yohann Moto Sport

Jerome Tangre Infini Team Yohann Moto Sport 24H00 Moto Endurance Le Mans

Bonjour à tous,

Nous voilà revenus sur les terres du MANS, mais cette fois pour participer à la plus mythique des courses moto, hé oui vous ne vous êtes pas trompés, nous sommes bien aux 24 Heures du Mans.

Attention cette année s’annonce particulièrement difficile car cette course ré-intègre le championnat du monde d’endurance.

Ce qui veut dire encore plus d’équipages et surtout une catégorie supplémentaire : les superbikes, qui comporte des motos beaucoup plus rapides que la notre.

Je réintègre donc avec plaisir et pour la 3ème année consécutive l'équipe Infini Team Yohann Moto Sport. Cette année l’équipage se compose de Christophe MICHEL, Vincent BOCQUET et moi-même, (je précise pour ceux qui ne suivraient pas...).

Nous sommes engagés en catégorie Superproduction ( ah oui là je sens que je suis en train de vous perdre avec tous ces noms qui ne veulent pas dire grand-chose….).



Une petite traduction s’impose :
> Superbike : ils augmentent la puissance du moteur (195 CH contre 180 CH à l’origine), ils utilisent des suspensions d’usine, ils modifient le système de freinage et ils intègrent des systèmes de montage de roue rapide. En gros, c'est des tricheurs ils ont tout magouillé...

> Superproduction : c'est nous ça... c’est exactement la même chose sauf que le moteur doit rester d’origine. On magouille moins, on a pas besoin de ça nous ; )

> Superstock : dans cette catégorie la moto doit rester dans sa configuration d’origine. Ils sont pas drôle ils magouillent même pas un peu...

En fait, pour être honnête , notre moto n’est pas réellement une superproduction car les suspensions d’usine valent une petite fortune (et oui rien que 30 000 €, si ce n’est pas plus pour certaines marques).

Donc finalement notre moto n’est autre qu’une superstock avec des montages de roue rapides et des systèmes de freins adaptés. Et en plus, elle est belle, ce qui ne gâche rien au Sport.

Bon maintenant que les présentations sont faites, je vous emmène enfin sur la piste (là où les chronos s’affolent).



Mardi et mercredi 18 et 19 avril : 1ers réglages de la moto.
Objectif : obtenir une moto bien réglée pour les 3 pilotes (chose très difficile en endurance car nous avons tous une façon bien particulière de piloter, ce qui nécessite la plupart du temps des réglages spécifiques).

Je pars en premier et remarque tout de suite que l’avant de la moto dribble (sautille) ce qui ne permet pas de rentrer fort dans les virages. Petit arrêt au stand, 2 ou 3 coups de clé magique et les problèmes s’envolent.

Puis c’est au tour de Christophe et Vincent qui notent une perte d’adhérence arrière lors de la ré-accélération en sortie de virage (et oui 180 CH à maîtriser c’est loin d’être évident).
Donc pour régler les petites glisses et les grosses équerres nous avons tout essayé : bidouillage des suspensions Wilbers, changements de gommes chez DUNLOP (et oui, des 24h du Mans sous le soleil, on avait rarement vu ça alors ça change les habitudes) et défilé de braquets made in AFAM.
Après concertation des 3 pilotes et de notre vénéré team manager, Laurent DUBUS, nous avons choisi un compromis entre ces trois réglages qui convenait à l’ensemble de l’équipe.

Chrono de mardi : 1’44 ‘’8

Chrono de mercredi : 1’44’’00



Jeudi 20 avril : 1ère qualif.
Objectif : obtenir le meilleur chrono et récupérer un box pour nous tout seul !! Car pas de box sans bons chronos...

Je pars dans la 2ème série et j’ai 30 minutes pour claquer une pendule. Je suis tout excité de pouvoir enfin mettre du gaz sans me soucier des réglages.
1er tour, je chauffe, 2ème je commence à mettre du gros gaz et 3ème tour c'est la folie ! Par folie j'entends : je perds l’avant dans tous les virages (dribble puis glisse de l’avant) et dans la dernière portion du circuit je me fais une grosse glisse de l’avant et je me dis « ça y est je suis au tas » Et non même pas.

J’arrive à récupérer l’adhérence en ré-accélérant .... un poil trop fort et là je me fais une équerre de l’arrière et me fais éjecter au dessus de la moto, les jambes en l’air.
Je ne sais pas par quel moyen je suis retombé sur la moto. « ouf ». Mais pas calmé pour autant et sentant que le tour était rapide, je décide de le finir.
Je passe dans le dernier virage et tourne la poignée à fond pour rattraper le temps perdu lors de cette petite cascade. Un poil trop tôt. Et voilà une 2ème équerre juste avant la ligne d’arrivée. Chrono pas terrible. Bon je vais rentrer au stand et faire quelques petits réglages d’appoint.

Je repars pour la fin de cette séance sans pneu qualif et avec un pilotage un poil moins agressif.

Chrono des 1ères qualifs : 1’43 ‘’2


Vendredi 21 avril : 2ème qualif.
Objectif : toujours le même mais sans aller à la faute.

Quelques petites modifs au niveau des réglages pour améliorer mes sensations sur la moto sans modifier celles des autres. Je pars avec un pilotage un peu plus soft. Les sensations sont meilleures mais je ressens toujours un dribble au niveau de l’avant.

Je passe un pneu qualif et je réalise un temps de 1’42’’2, ce qui est bien meilleur qu’hier.

Malheureusement mes coéquipiers ne peuvent pas passer de pneus qualifs, faute de stock, et améliorer leurs temps.

Mais l’objectif est atteint puisque nous partons 16ème mais nous avons surtout gagné le droit d’être seul dans le box !!


Samedi 22 avril 15 Heure : départ de la course.
Objectif : aller au bout de ces 24 Heures Moto car ça fait 4 ans que le team n’a pas fini la course.


Départ 15 heure : c’est Vincent BOCQUET qui prend le départ. Après un excellent départ il nous place rapidement à la 10ème place.

16 heure : Christophe prend le relais, les tours s’enchaînent très vite : entre 1’43 et 1’44. la moto se comporte très bien.

17 heure : c’est à mon tour (enfin), et là je ressens encore ces petits problèmes de dribble sur l’avant. Pas facile de régler une moto pour trois pilotes. On a du faire des compromis. Il faut donc que je m’adapte et trouve une autre façon de piloter.
Dans l’ensemble ce premier relais n’a pas été facile car je me suis trop focalisé sur les sensations que je pouvais avoir sur la moto. Et en plus je suis tombé dans un embouteillage monstre qui a duré toute l’heure !!!

18 heure : au cas ou vous n’auriez pas compris nous changeons de pilote toutes les heures en même temps que le ravitaillement d’essence et le changement des pneumatiques. Et à partir de là je ne sais pas exactement de quelle manière se sont déroulés les relais des autres. Donc je ferais principalement un résumé de mes relais.

20h30 : second relais pour moi. Cette fois ci il faut que je me focalise sur autre chose que la moto afin que mon pilotage soit plus coulé… Je vais plutôt m'occuper à remonter sur les motos de devant.
Et voilà la kawasaki 83 qui est, à cette heure ci, une de nos rivales. Nous sommes 8ème et ils sont 7ème. Je passe alors tout mon relais derrière eux et fini par les passer. Euh... enfin je crois car j’étais parti avec une visière noire et j’avais oublié que la nuit tombe vite au Mans, donc j’ai fini le relais sans voir grand-chose… oups
Je rentre au stand avec le sourire, même si la moto ne se comporte pas comme je le souhaiterais je m’amuse bien à doubler !!!

22h40 : et c’est parti pour la nuit, d’habitude c’est pas mon moment préféré des 24 H. Mais contre toute attente le comportement de la moto commence à s’améliorer (et oui la fraîcheur de la nuit commence à durcir l’huile de la fourche).
Et mes chronos se font même plus rapides que le jour, contrairement aux autres teams. Je prends donc énormément de plaisir à rouler toute la nuit…

1 heure : nous revoilà sur la piste avec la kawazaki 83 mais cette fois ci c’est nous qui sommes 7ème et eux 8ème. Il ne faut pas faiblir, donc je la suis pendant la moitié du relais pour la passer et prendre un peu le large. La moto se comporte toujours aussi bien et physiquement je tiens bien le coup (pas de douleurs musculaire, je sens que ma préparation physique est un atout majeur pour une course de ce type).

3h30 : nous sommes toujours 7ème avec seulement un tour d’écart avec la Suzuki 72.

6h00 : nous passons 6ème au général suite aux problèmes de la Bolliger n°8 et nous sommes toujours 1er de notre catégorie. Il est important de ne pas commettre d’erreurs car c’est au lever du soleil que les pilotes se sentent le mieux et commencent à partir à la faute.

8h20 : durant toute la nuit nous avons repris petit a petit du temps sur la n° 72, et nous ne sommes plus qu’a quelques secondes de la 5ème place.

10h45 : c’est fait nous voilà 5ème au général, suite à l’abandon de la n° 72.

12 heure : il ne reste plus que 3 heures de course et nous avons 3 tours d’avance sur le 6ème. Il ne faut commettre aucune erreur et assurer cette magnifique 5ème place, car c'est pas la première fois que nous nous retrouvons ici mais cette fois ci il faut finir!!!

13h30 : changement du silencieux qui vient de se rompre, mais nous conservons notre avantage sur le 6ème. Je tire mon chapeau à l’ensemble de l’équipe qui a été d’une efficacité redoutable.

Arrivée 15 heure : Christophe franchi la ligne d’arrivée ... sur la roue arrière s’il vous plaît…. !!!!

Bilan : 5ème au classement général, 1er de la catégorie superproduction, 1er équipage entièrement français

Je tiens tout particulièrement à féliciter et à remercier l’ensemble de l’équipe qui a fait un travail énorme avant la course et pendant, ainsi que le team manager Laurent DUBUS qui a su la diriger d'une main de maître.

Je félicite mes coéquipier qui ont mené la moto jusqu’à cette fameuse place sans faire la moindre faute.

Je remercie toutes les personnes qui m’ont soutenu pendant ces 24 Heures et qui m’ont apporté leur aide.

Merci sport-bike-training pour la préparation physique qui m’a permis de tenir jusqu’au bout sans trop de fatigue (et oui il ne faut pas rêver une course de 24 heure ça épuise quand même beaucoup).


Jérôme Tangre

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