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Les rillettes s’internationalisent !

Team Endurance Moto 38
Patrick Joud, Grégory Fastre, Jean Louis Devoyon, Jean Claude Claperon et Denis Bouan

24 heures du Mans 2006 : les rillettes s’internationalisent !

JEUDI :
Ben voilà, c’est reparti ! Où plutôt j’arrive, comme d’habitude, sur le paddock Jeudi, en début d’après midi.

Croisant une connaissance tous les 5 mètres, je crois que la moyenne horaire depuis mon départ de Toulouse s’est effondrée dans cette descente du paddock…
Qu'elle joie de revoir tout le monde, tout ces gens avec qui on noue des relations fortes pendant toute une saison, et que l’on a bien évidement pas le temps d’entretenir durant l’intersaison…

Lorsque j’arrive donc enfin à la tente, l’équipe remonte vers le box car les essais libres reprennent.

Tant mieux, je serais tranquille pour me faire chouchouter par le cuistot, car j’ai rien avalé depuis le petit déj’ tôt ce matin. Et pour moi, ça fait longtemps… !

Une fois repu, je me met de suite au travail : préparation de « l’espace kiné », préparation de rations énergétiques,…


Puis je monte vers le box pour saluer les membres du team et faire connaissance avec les pilotes :
- Denis BOUAN, cool (il a couru en super sport pour Yam Service, près de chez moi. Il aime le sud, donc il ne peut qu' être cool !)
- Gregory FASTRE : un belge, on va bien se marrer… !
- Jean-Louis DEVOYON, un suisse qui fait de la vitesse : on aura tout vu !

Bref, vous l’aurez compris, l’ambiance et bonne ! On ne sent pas de pression écrasante, de tension. Chacun à cœur de faire de son mieux, avec tolérance : l’esprit « pur privé » en somme. Et ça fait un bien fou… !

La journée est longue, et se termine après avoir détendu mes petits pilotes, après les essais de nuit.

Après une bonne douche, direction ma suite (ma couchette dans le camion quoi) : 2 boules quiès et au lit !



VENDREDI :
J’émerge difficilement : je me souvenais pas que les rupteurs commençaient si tôt dans le week end….

Mais bon, faut pas chômer : les derniers essais qualifs vont commencer.

Les pilotes font de leur mieux au niveau du chrono, tout en continuant d’améliorer la moto. Ils passent des pneus qualifs, mais n’ont pas un tour clair : leur temps qualif a donc été effectué avec les pneus de course.

Un moment choisi de ces qualifs : Grégory rentre dans le box. Il vient de passer son pneu qualif dans les dernières minutes de sa séance. Il est très énervé, et tout le monde retient son souffle en se demandant ce qui ne va pas. « Il y a vraiment beaucoup de trafic, pas moyen d’avoir un tour correct pour faire un temps « . Puis il serre une à une la main à tous les membres de l’équipe en les remerciant du travail accompli……

Voilà un comportement qui change du « vedettariat » de certains, et qui met de bonne humeur !

Bref, vu la météo de ce vendredi, pas d’amélioration pour la grille de départ : nous restons neuvième, ce qui est satisfaisant vu le beau monde qu’il y a devant…

S’il n’y a pas d’essais pour nous l’après midi, vous croyez qu’on se tourne les pouces ? Et bien non : les mécanos mécaniquent (préparation de la moto de course), le cuistot cuisine (j’ai posé mes conditions avant de venir…) et moi, ben… je retape mes pilotes, plus ceux qui viennent me voir (ils savent que j’arrive le jeudi, les rusés), plus les mécanos, etc.…etc.….

En discutant avec mes 2 copines chronos chez Playstation, je me fixe un nouveau challenge pour les saisons suivantes : bosser pour une équipe féminine… !

Sur ce, une petite sieste d’une heure (c’est toujours ça de pris) avant de rejoindre le box pour la visite des stands : j’en profite car c’est le seul moment où tout le monde est au même endroit au même moment : j’essaye donc de voir tous ceux qui m’ont évité jusqu’à présent !

Je fais donc le tour, et en profite pour être témoins de moments sympas : Phil Read accepte de poser derrière la MV AGUSTA, je détaille l’aprilia (j’ai bon goût, hein ?!), accompagne Charles Krajka qui va livrer un gâteau planté de 50 vraies bougies à Gérard Jolivet, pour fêter son cinquantième départ, j’arrive enfin à voir Magali Langlois, qui fait équipe avec Christelle, Christophe le team manager de la 33,….. et je fini derrière le stand de yam Autriche, pour un apéro avec Gwen (Giabanni), Seb (Scarnato) et autres compagnons d’infortune…



SAMEDIPhil Read avec la MV Agusta
Ben voilà, c’est le grand jour !

Sur la grille, on souhaite bonne chance à ceux qui prennent le départ, et je glisse surtout, comme d’hab. : «  Éclates toi bien, et ne te fait pas mal… »

Je félicite encore Gwen pour sa qualif.

La course, vous la connaissez en long et en large. Pour le kiné, au Mans, c’est pas de tout repos : le tracé fait d’accélérations/freinages est fatigant pour les pilotes, notre cuistot cuisinera de bons petits plats sans relâche, et moi, ben je fais mes 24 heures de kiné non-stop.

En effet, les relais sont courts : 45 à 50 minutes, et je n’ais donc pas vraiment de temps mort : dés que j’en « fini » 1, l’autre arrive…..

Mais que c’est bon de repartir pour une saison !!!

Pour nous, la course s’arrêtera sur le bris de la boite, vers 21 heures.

Au hasard des rencontres, on m’informe des abandon : la 7 de Gwen et Seb., mes potes de chez DAP,…

Je fini chez ces derniers, on se soutient. Je les accompagne pour faire un tour autour de la piste. Il n’y a qu’après avoir abandonné que l’on peut faire ça. Mais voir les motos tourner pince le cœur. On fini dans le village, ou il y a l’air d’avoir moins de viande saoule.

Après un dernier verre, on remet les boules quies, et on essaye de dormir, en tentant d’oublier que la course continue.



LE RETOUR
Dimanche, j’ai réussi à prendre le TGV plus tôt. A la gare, je campe donc non loin de la dame pipi qui écoute France info : j’étais parti au moment de l’arrêt imprévu de la 2, et là, j’entends que la 94 a chuté… la fin va être belle !

Le soir, j’apprécie de retrouver mon lit, mais je ne pense qu’à une chose : la prochaine, c’est Albacete, et c’est dans un mois…


Denis Bouan et Patrick Joud
Denis Bouan entre les mains expertes de Patrick Joud



LE (TRADITIONNEL) BILLET D’HUMEUR
1. On dira ce qu’on voudra, mais quand on se balade dans ce paddock, et dans la pit lane , que l’on entend toutes ces langues étrangères, que l’on retrouve tous ces visages connus du mondial d’endurance : et bien ça fait du bien !
On a vraiment l’impression d’une grande course internationale.

2. La catégorie superbike : c’est de la dynamite ! Enfin le retour des préparations…plus ou moins fiables, qui relance l’intérêt de la course !
Tant qu’ils garderont les autres catégories, moins onéreuses pour les privés.

3. Ben MC COY, il est tout petit !!!! mais qu’est ce qu’il est sympa. Et son pilotage : même s’il ne va pas plus vite, c’est quand même plus beau…

4. j’ai encore pris 1 ou 2 kg sur une course…. Il va falloir qu’il se calme, le cuistot…

5. Rencontre avec Phil Read : une légende même pas de ma génération. Et pourtant, il est toujours aussi passionné et disponible. Inoubliable.

6. Des masos qui s’alignent avec une voxan, aprilia ou mv : continuez ! c’est aussi ça l’endurance.

7. J’ai été content de revoir le « WebChef », qui a toujours un bon coup de fourchette et une bonne descente !
(il connaît les bonnes tables, le bougre !),

8. Je suis content pour Fred et Olivier, ainsi que pour toute l’équipe de national moto : ils ont gagné, à la régulière.
Pipo pourra partir avec ce trophée en plus….

9. J’espère que ce compte rendu différent vous aura plus… rendez-vous dans 1 mois !

Patrick Joud

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