| Super Roadster Cup SPA |
| Le papier de Bertrand Sebileau |
| LA BOURRE ! par Bertand Sebileau Depuis Nogaro, mon état physique s'améliore de jour en jour et ma Z 1000 a reçu quelques évolutions bienvenues. Le moteur est passé entre les mains de Bernie, le motoriste Agyltech, pour une métrologie.Ce n'est ni plus ni moins qu'optimiser la compression en utilisant les tolérances prévues par le constructeur et soigner l'étanchéité et le jeu des soupapes, mais ça et le Power Commander enfin disponible qui permet de régler l'injection à la ligne d'échappement, et mon moteur qui était un peu à la peine, se retrouve parmi les meilleurs. La partie cycle a évolué aussi. Sur la fourche, qui avouait ses limites à Nogaro avec la température élevée. Une deuxième pompe hydraulique dans le bras gauche, des clapets modifiés... C'est mieux, mais ce n'est pas encore ça, il va falloir travailler. Freins et amortisseur sont encore d'origine et, si je ne vois pas pourquoi je changerai les freins qui vont très bien, je suis bluffé par la constance et la qualité de l'amortisseur d'origine. Avec les gros appuis et la chaleur estivale de Spa, j'ai juste refermé d'1/4 de tour la seule et unique vis de réglage hydraulique qui gère compression et détente et ça a été nickel tout le week-end. Le seul inconvénient, c'est qu'il n'est pas possible d'ajuster l'assiette. L'amortisseur Tech 2000 que je vais tester prochainement permettant ce réglage devrait encore faire progresser ma moto.Mais pour l'heure, on est à Spa, un circuit comme je les aime avec ses enchaînements de courbes très rapides, ses freinages variés, ses trajectoires techniques, ses entrées en courbe et ses accélérations "gros cœur"... Le plaisir de pilotage est indéniable. Je me félicite d'avoir adopté une bulle haute Ermax qui me protège très efficacement dans les grands bouts droits et je joue de l'agilité et de la stabilité de ma Z 1000 qui se passe même d'amortisseur de direction. Pour la première fois, nos motos sont équipées de Dunlop D 208 qui ont un grip d'enfer. Bref le grand pied d'autant qu'il fait un temps splendide et que l'organisation des Bikers Days offre des temps de roulage d'essai importants. Quand je dis offre, c'est 1200 francs la journée de trois fois 35 minutes. Pas donné mais rouler à Spa, c'est grandiose. Un orage aussi imprévu que violent vient perturber la première séance d'essai chrono.Quelques héroïques inconscients s'élancent en D 208, j'attends le montage de mes pneus pluie. Quand je m'élance enfin, l'orage est au plus fort et, avec le vent, dessine des micros vagues sur le bitume tandis que les torrents qui traversent la piste, se signalent par la couleur orangée de la terre qu'ils charrient. Du grand Spa ! ! La deuxième séance est sur piste quasiment sèche seules quelques taches humides notamment dans les courbes à fond de 6e puis de 5e de Blanchimont font rendre la main aux plus frileux. Philippe Thomas et Bruno Bonhuil qui roulent ensemble se tirant mutuellement dans les bouts droits se disputent la pôle. Philippe très en verve depuis Nogaro signe finalement le meilleur temps, quelques centièmes devant Bruno, lui-même quelques centièmes devant moi. Je suis confiant, en roulant seul, je n'ai pas bénéficié du phénomène d'aspiration qui peut faire gagner plus d'une seconde sur un tour de Spa, et ma démultiplication finale est trop longue pénalisant les relances en sortie de virages. En corrigeant ça pour les deux courses, je devrais être bien. Je peaufine ce dernier point lors d'une dernière séance des Bikers Days et me présente en fin de journée, samedi, pour la première des deux courses prévues au programme. Des coupures de courant ayant nuit à la bonne chauffe des pneumatiques, je pars pour l'unique tour de formation-chauffe assez prudemment. En revanche, quand le starter nous libère, je me porte immédiatement aux avant-postes et creuse immédiatement un petit écart. Mais Philippe Thomas chute au troisième des dix tours, une chute terrible en sortie du grand double gauche à 220 km/h qui impose l'arrêt de course. Au deuxième départ, c'est Bonhuil qui part en tête. Je le double au premier freinage. S'ensuit un mano à mano qui durera toute la course sauf que dans le dernier tour, ce n'est plus Bruno qui est à mes trousses, son moteur connaissant quelques coupures par manque d'essence mais l'autre B, celui de Bernard, Cazade de son nom qui est resté depuis le début au contact avec sa Yam. Mais ma Kawa est plus stable au freinage et je sors mieux que Bernard de Blanchimont. La victoire ne peut m'échapper et ne m'échappe pas. Depuis que je cours à Spa, je suis monté sur la deuxième et la troisième marche du podium, jamais sur la première. Voilà qui est réparé. La deuxième course se dispute en tout début d'après-midi dimanche sous un soleil de plomb et une température méditerranéenne. On prend les mêmes et l'on recommence. Cette fois, c'est avec Cazade que je m'arsouille. Il me passe systématiquement dans la longue ligne droite après l'Eau Rouge et me tasse au freinage pour me neutraliser et m'empêcher de repasser. Je le redouble au freinage de l'arrêt de bus ou à celui de la source. Il me passe en entrée du grand double gauche en descente me tassant sur l'extérieur... A la source, à trois tours de la fin, je manque toucher la roue arrière de la Yam et perd suffisament de temps en redressant et en freinant pour que Bonhuil me passe. Nous effectuons comme plusieurs fois auparavant la descente des stands côte à côte et comme à chaque fois, mon moteur un poil meilleur que celui de Bruno permet de m'imposer en entrée de l'eau rouge. Je m'applique particulièrement et parviens dans cet avant dernier tour, au prix du record du tour de cette manche, à recoller Cazade qui avait un peu pris le large. Je suis dans sa roue à la Source et soigne ma sortie de l'eau rouge pour bénéficier à fond de l'aspiration et le passer dans le bout droit. Tout fonctionne parfaitement. Dès lors, je sais que quoiqu'il tente, je pourrais reprendre le dessus à l'arrêt de bus ou à la Source. Mais Bernard ne pourra rien tenter et j'empoche le deuxième succès du week-end, seule la revanche de Loustalet sur Haquin pour la 4e place changeant l'ordre d'arrivée des 5 premiers. Bilan du week-end : 2 fois premier devant la Yamaha de Cazade et en tête devant la Yamaha de Loustalet au classement général, mon objectif d'imposer Kawasaki en Super Roadster Cup est pour l'instant sur les rails. La course du Vigeant le week-end du 20 Juillet risque d'être aussi disputée, mais j'y vois bien les Kawas. A suivre... PS : Philippe Thomas va mieux, ses traumatismes crâniens qui avaient contraint les chirurgiens de Liège à le maintenir dans le coma sont maintenant quasiment résorbés. Philippe est désormais sorti de son coma, il bouge, répond et son état n'inspire plus d'inquiétude. Il lui reste à récupérer de ses multiples traumatismes.Bon courage vieux... Bertand Sebileau |