| Coupes de France PromoSport |
| 4ème manche sur le circuit de Croix en Ternois les 14 & 15 juin 2003 |
Pas d'exploit mais le travail paie... Jeudi 12 Trois jours après avoir quitté le paddock surchargé de Carole, le "Promosport circus" se retrouve en Picardie sur le circuit de Croix en Ternois.A quelques kilomètres du circuit, je suis doublé en trombe par une voiture du SAMU : David Gueret (n°79), alors troisième du championnat, vient de s'encastrer dans le mur de pneus longeant la remontée vers l'épingle. Après avoir craint une fracture du bassin, il en est quitte pour une hanche déboîtée. Il ne sera pas le seul à se faire mal à cet endroit. Il faut reconnaître que les murs sont trop souvent près, ça manque de dégagements et la sécurité est parfois "assez limite". Mes parents sont à pied d'œuvre pour m'aider à monter la tente et, comme il y a un an, Jean-Pierre sera mon mécano. On s'installe en face de Sabrina Routier (n°62) et son équipe, non loin de Guillaume Derouen (n°94) avec qui j'avais croisé le fer en repêche à Carole quelques jours plutôt. Je vais essayer de rouler le plus possible pour me remettre les nombreux pièges en tête : le tracé est relativement court mais la mauvaise qualité du revêtement transforme certaines courbes en " salaire de la peur " ; c'est le cas notamment du droite sous le pont où la difficulté est de ne pas se faire désarçonner par une moto chahutée au milieu des bosses et des raccords. Les tours s'enchaînent avec application et l'effort consiste principalement à obtenir les tickets d'entraînement distribués au compte goutte par un secrétariat pour le moins intransigeant. Rien à signaler si ce n'est une dégradation excessive du pneu avant. Grosse attaque ? Revêtement abrasif ? Simplement une suspension mal réglée ! Vendredi 13 Je retrouve mes copains lyonnais, Franck Desperrier (n°60) et Dominique Gourdol (n°39). Ce dernier ne pourra pas courir ce week-end, il souffre de plusieurs fêlures à la hanche, souvenirs de la finale "acrobatique"de Carole. J'ai la chance de pouvoir enchaîner en nombre les séances d'entraînements. Merci à ma mère qui va passer une bonne partie de la journée à faire la queue au secrétariat toujours aussi peu conciliant dans la distribution onéreuse des tickets. Les contrôles administratifs et techniques se passent sans encombre. Grosse impression de Jean-Philippe Retailleau (n°72) qui semble survoler la concurrence. Les duellistes Largaiolli (n°27) et Ruiz (n°10) sont pourtant à l'affût. Grosse inquiétude en fin de journée quand l'étrier de frein avant ne répond plus : en remontant les plaquettes, Jean-Pierre remarque qu'un des pistons ne revient pas correctement. Colère : les deux jours d'entraînement menés avec application devaient nous permettre d'aborder la compétition sereinement et une fois de plus des soucis de freins nous déstabilisent. Vous avez dit vendredi 13 ? Samedi 14
- Pas trop ! Ca fait une heure que je suis réveillé et que je pense aux freins ! - Pareil ! " C'est donc avec des idées de purges, démontage d'étrier...qu'on rejoint le circuit de bonne heure. Mais il faudra calmer nos ardeurs mécaniques car, en même temps que nous, arrive une mini-tornade qui arrache la tente Obligés, sous des torrents d'eau, de redresser l'abri à renfort de scotch américain. Merci à Christophe, concurrent n°100 en catégorie 600cm3, de nous abriter et nous proposer un café salvateur. Miracle ! Après une purge efficace les freins sont là. Que s'est-il passé ? Je ne sais pas ; c'était juste un vendredi 13 ! Warm up sous des trombes d'eau. Je ne roule pas assez fort pour tester les réglages pluie et je n'obtiens que le quatorzième temps de ma série. Dommage car je suis plutôt relax sous la pluie. Je suis classé dix sur la grille de la série qualificative. C'est une bonne place car douze pilotes seront retenus dans chaque manche. La course aura lieu sur piste séchante et donc piégeuse. Avant de rejoindre la pré-grille, je regarde le début de la première série : Franck Desperrier (n°60), après " un premier freinage suicide ", mène la course devant Largaiolli (n°27) et Hiernau (n°111). Content pour lui ; il m'avait prévenu qu'il était redoutable sous la pluie. A nous de jouer ! Le Rouge s'éteint et point mort entre la une et la deux, une partie du peloton passe, ça devient une habitude, je ne m'affole pas, je sais que la qualification est à ma portée. Le revêtement est encore très humide et j'évite de brusquer la machine inutilement. Je reviens facilement jusqu'à la treizième place et bute sur Guy Debled (n°16) pendant quelques tours. Ca glisse ; par deux fois je manque de perdre l'avant en sortie du Double Droit ; Guy passe plusieurs virages pied intérieur sorti, façon super motard Je finis par le devancer et termine à la onzième place sous le drapeau à damier. Première qualification de la saison dès le samedi, c'est sympa mais avec un départ simplement correct je faisais mieux. Tant pis, je vais féliciter Franck pour sa performance mais...stupeur en arrivant devant sa tente, Dominique est appliqué à démonter le guidon de la moto noire maculée de boue. " Il a voulu forcer et s'est jeté sortie du Double Droit ! " Franck : " - Je m'attendais à me faire passer d'un virage à l'autre ! Les voyant rester derrière, j'ai voulu en rajouter une couche ! Vlimm, Bamm, Boom !!! C'est pas grave, demain matin je les pourris ! " La soirée du samedi restera un grand souvenir. Franck et Dominique me rejoignent au gîte loué avec des amis pour déguster les savoureuses pâtes aux fruits de mer de Tonio, l'ami sarde. Dimanche 15 Réveil de bonne heure pour accompagner Franck à la repêche. Il est remonté comme une pendule ; la stratégie est simple : ne pas tomber dans le premier tour, la suite devrait être sans soucis vu le rythme du garçon. C'est presque plus stressant de panneauter un copain que de courir. Franck part dix-sept et dernier mais au premier passage il est déjà sept et au suivant trois. Il terminera tranquillement deux et qualifié. Retour au gîte pour partager un barbecue avec les amis. L'heure de la finale approche. Je partirais en vingt et unième position. Derrière moi, les furieux sortis de la repêche. Contrairement à la semaine précédente je commence à stresser, ce qui est bon signe pour l'envie de bien faire. Vert ; le départ est correct mais je prends mes distances au premier freinage ; chute devant et deux ou trois motos sont déjà à terre ; je contourne par l'extérieur par sécurité mais ça me fait perdre quelques places ; Thomas Crépin (n°46) a été pris et doit abandonner ; début de course sympa , ça bagarre propre ; cinquième passage à l'Epingle et imbroglio de trois motos dont celle de Guillaume Derouen (n°94) qui repartira ; gaz ; chute devant moi à l'épingle de Goulven Crochemore (n°41) qui effectuait une belle remontée ; il repart ; je me retrouve en bagarre avec le Kawa n°162 de Olivier Bajus ; je suis plus rapide dans le sinueux mais en ligne droite il est plus facile ; obligé de faire les freins ; pendant deux tours je pourrais m'échapper mais je ne suis pas propre et commets plusieurs erreurs à l'Epingle ; je tente l'extérieur dans la remontée après le Pont ; Olivier ne m'a pas vu, il élargit, les motos se touchent, on reste sur nos roues, quitte pour un Ave Maria ; impossible de rester devant ; difficile même de prendre l'aspiration ; ça se tenterait bien au freinage de L'Ecole mais c'est ici même que l'année dernière j'effectuais un tonneau sur une manœuvre hasardeuse ; dernier tour, je fais les freins en bout de ligne droite, j'ai du mal à tenir ma ligne et il repasse à l'accélération ; dernière Epingle, il protège son freinage, je termine quatre dixièmes derrière à la dix-septième place. Frustré d'être à la porte des points mais content d'avoir pas trop mal roulé tout au long du week-end. La victoire revient à Ruiz (n°10) devant Retaillo (n°72) et Largaiolli (n°27). Ruiz et son puissant GPZ aborderont Le Mans en tête du championnat pour la première fois de la saison. Rendez-vous au MANS. Tanguy Rouzel #35 |