| Open de vitesse FRANCE |
| Ouverture de la saison de vitesse sur le circuit du Mans les 21/22 mars 2003 |

Championnat de France Open de Vitesse : Jean François Le Glatin Il est quatre heures du matin et je viens de rentrer à Bédoin dans le Vaucluse. Malgré la fatigue et les 8 heures de route je ne trouve pas le sommeil et ne peut m'empêcher de repenser à cette course incroyable.Rien ne pourrait remplacer ces sensations extrêmes et ces bastons mémorables, rien n'est plus fort que la course et je suis triste pour mon ami Eric MAIRONE qui est obligé de nous regarder nous arsouiller du bord de la piste ( à cause de sa blessure du Vigeant ). Je n'ose même pas imaginer comment je pourrais faire sans la compétition moto. Un jour peut être, vers 65 ou 70 ans je penserais à la pêche, mais avec un hors-bord équipé d'un moteur de 1000 GSXR. En ce qui me concerne cette année, la reprise sembla toujours aussi difficile pour la ''marmotte'' qui sortait de l'hiver et la mise en jambe a été le théâtre de grosses chaleurs et de difficultés d'adaptation. Cette année encore plus, car nous n'avons pas pu recevoir la GSXR 1000 version 2003 ( prêtée pour la saison de vitesse par le Team de Gémenos ). Nous avons été obligé en toute hâte, de monter mes vieux carénages de course de l'année dernière sur la moto d'endurance prévue pour les 24 H du Mans. Heureusement les amis se sont mobilisés, J.Claude mon fidèle préparateur et Eric MAIRONE ont pu faire le déplacement avec moi au Mans pour me donner un coup de main. Bon test pour les 24H00 Moto du Mans ! Cette entrée en matière avec une moto inconnue et un plateau encore plus relevé m'a obligé a faire preuve d'encore plus de détermination et de sérieux pour cette course d'ouverture. Lors de notre arrivée au Mans certains roulaient depuis le Lundi et avaient pu tester leurs nouvelles moto. En arrivant Jeudi et avec seulement 4 x 20 minutes d'essais avant les qualifs, la partie était serrée. Pour ne rien arranger, nous avions à tester le châssis qui semblait avoir un défaut d'alignement et les freins BERINGER ( version endurance 2 disques et vitesse 4 petits disques). Essais laborieux et difficiles Bonne nouvelle, Jeudi il fait beau et ce temps semble être annoncé pour la semaine entière. Les pneus pluie resteront au placard. Je commence mes séances avec un vieux 701 DUNLOP à l'arrière ( pneu endurance ) et en revenant de mes deux premières séances je me rends compte de l'énorme travail de mise au point de la moto, mais aussi du pilote. Pas de soucis, nous sommes là pour çà et la difficulté m'a toujours motivé. A côté dans les teams de pointe, les chronos tombent et certains sont déjà dans les temps de course. Je rencontre Roland Wozniak qui me propose d'essayer un nouveau pneu DUNLOP à l'avant, les hostilités peuvent commencer. Vendredi des directions sont enfin trouvées et à chaque sortie les chronos tombent, mais ce n'est pas suffisant et en essayant d'attaquer, je manque me faire désarçonner à chaque sorties de virage. Nous travaillerons dur avec J.Claude pour trouver un semblant de direction, mais rien y fait. A ce moment là, le spectre de l'année dernière re-surgit. Je passe sous la moto et vérifie le basculeur. Cata...c'est le mauvais. Avec ce basculeur une chose est sûre, les affaires se compliquent et je vais vraiment être obligé de me dépouiller pour faire une bonne pendule. Temps mieux, ce début de saison commence à me plaire et heureusement le quatre disque avant fait des merveilles. Reste à mettre la fourche au point et m'habituer à ce freinage vraiment particulier. En effet, il est très différent d'un système deux ''grands'' disques, il permet de garder tard les freins sur l'angle et de retarder jusqu'à la corde le lâcher de frein. A aujourd'hui je n'y suis pas encore habitué, mais aux dires de Bertrand STEY (qui a roulé avec un mondial SBK l'année dernière ) ce système est d'une redoutable efficacité une fois maîtrisé. Qualifs, bien en première et ratage en seconde. En première qualif, je signe un encourageant 1.43,6 qui ne me satisfait pas, mais compte tenu des conditions est positif pour le team et les prochaines 24 H. Dans la deuxième, je suis bien décidé à améliorer, mais un drapeau rouge et un choix de gomme destiné à une piste chaude ne me permettront pas d'améliorer, et en compétition moto, plus que dans tout autre sport, qui ne progresse pas, régresse, me voici 17 ème sur la grille. Samedi soir le moral est dans les chaussettes, mais encore une fois ma motivation n'est jamais aussi grande que dans ces moments là. Au Warm-up du Dimanche, je teste un réglage qui ne me donne pas satisfaction, mais je trouve une direction. Nous travaillons encore beaucoup sur la moto pour la rendre plus efficace et je ne suis pas disposé à m'avouer vaincu, bien au contraire. Une course palpitante Au départ et compte tenu de ma position sur la grille, je n'avais pas d'autres choix que de réussir mon départ et de maintenir un bon rythme toute la course.Au feux rouge, me m'élance comme une fusée et je parviens à passer une ligne. Au goulet de DUNLOP, les carénages se frôlent, mais tous le monde passe sans encombre. Devant les ''cadors'' ont mis la sur-multipliée et je suis dans un paquet composé de Stey, LERAT, JOND et Joss le cascadeur. Au deuxième tour, Joss se paye une figure dans mes roues et chute. Devant j'hallucine en voyant Stey et son style aussi pur entrer en courbe et je suis impressionné par les figures de style de Pierrot LERAT qui rentre en travers total dans les Esses bleus. Sur mon panneau, je vois le + 1 qui reste fixe et mes chronos qui restent stables en 1.43. Il doit y avoir un lascar qui me file au train et qui roule comme un avion. A la mi-course, un bruit suspect m'oblige à rendre un peu la main dans les droits. Il semble qu'une pièce se détache de ma moto et vient racler par terre sur l'angle. A ce moment je suis doublé par GERSILLON qui remontera sur Pierrot LERAT et finira dans les roues de Bertrand STEY. Reste que je vois encore le +0 sur mon panneau qui signifie que je suis suivi par un autre pilote. Au freinage du garage vert, je vois une ombre à ma droite, mais je relâche les freins et passe le virage en tête. Je me retourne dans la ligne droite et me rends compte que c'est Gibet sur la Yam qui me menace. A ce moment là et dans le tour qui a suivi, je me suis appliqué à ne pas commettre d'erreur et à remettre du bois dans la chaudière. Résultat, je me mets à l'abri et passe la ligne d'arrivée à la 11 ème place du scratch et à la 7 ème en Super-Production derrière 6 officiels. Pas mal pour un début de saison, sachant que c'était la moto d'endurance et qu'il m'était interdit de chuter et de prendre le risque de ne pas pouvoir venir au Mans dans 3 semaines. Une chose est sûre, cette course nous a bien fait avancer pour les 24 H et nous avons une bonne base pour la suite. Patrick RENAULT le Président du Team de Gémenos, ne cachait pas sa satisfaction et a semblé rassuré sur le potentiel de sa moto. Reste a encore améliorer notre partie-cycle et à peaufiner la moto 2003 qui nous servira pour la Qualif. Vu la performance des '' FOUR et DIETRICH '' il semble que la moto soit bien née et autorise l'optimisme pour les qualifs des 24 H. Merci à J.Claude LANDOU et Eric MAIRONE pour leur aide, mais aussi à Patrick RENAULT qui m'a prêté la moto des 24 H ainsi qu'à DUNLOP qui m'a permis de disposer d'un 587 particulièrement performant. Sans oublier BERINGER qui avec son ingénieur Fabrice qui a su réagir très vite et m'envoyer les pièces nécéssaires pour cette course. Gaz en grand et RDV aux 24 H avec Franck TAUZIEDE et Christophe MICHEL mes coéquipiers super motivés. Jean François Le Glatin |