| Open de Vitesse Moto France |
| Circuit de Nevers Magny-Cours - 23 & 24 Août 2003 |
| Résumé de ma course de Magny-Cours par Jean François Le Glatin L'école de l'humilité... Comment ne pas se sentir petit devant tant de talents réunis. Comment se motiver alors que tout pousse à rentrer à la maison. Voilà une belle école d'humilité et une formidable leçon de vie et de courage. Depuis que je cours en compétition, aucune situation ne m'aurait fait abandonner, au contraire, les épreuves me motivent et me rendent plus fort généralement. Mais ce week-end à Magny-cours la question est restée ouverte jusqu'au warm-up. Mauvais essais et beaucoup de travail en perspective Après avoir découvert le nouveau tracé aux journées K une semaine avant, j'étais impatient de poser mes roues de nouveau sur ce circuit et enfin de retrouver tous mes camarades de jeu. Les premiers tours de roue ont été difficiles. Depuis la course du Vigeant, je ne retrouve pas mes sensations avec cette nouvelle 1000 GSXR. Impossible de rentrer fort dans les courbes sans avoir la sensation de se sortir à chaque virage. La moto est inconduisible et j'ai beau forcer les chronos restent mauvais. Je rente au stand avec la conviction que le week-end ne sera pas facile. Tous les essais seront mauvais, nous avons beau régler dans un sens ou dans un autre, le comportement général reste le même et je commence a sentir sur ma nuque le souffle brûlant de la correction. Je pars aux essais qualif toujours avec les même soucis de châssis. Je tente de faire claquer un temps, mais encore une fois je passe à côté de ma première série. A ce moment là, je me dis que si les essais de l'après midi sont aussi mauvais, je rentre à la maison. L'après midi il fait chaud, très chaud et même si j'ai encore testé une autre configuration de réglage, je pars motivé. Au deuxième tours de la deuxième séance, alors que je commence à baisser mes temps, un problème d'embrayage me gâche ma séance. Au retours, nous trouverons les deux vis qui tiennent la butée d'embrayage au fond de mon carénage. Résultat, le même temps (bidon) que le matin et de toute façon des réglages qui n'ont rien changé au comportement de la Suzuki. Le moral est au plus bas, je suis déçu et j'ai envie de jeter l'éponge pour la finale. Dans mon stand Valérie et Jean Claude respecteront mon choix, d'autant que je suis persuadé qu'en course ce problème de comportement risque de m'entraîner irrémédiablement à la faute. La nuit portant conseil, nous décidons de faire le warm-up en changeant complètement la configuration de notre moto. Dimanche matin je tente de relever l'assiette de la 1000 GSXR, mais je me rends compte que mon OLHINS est trop court et qu'il faut que je trouve un autre amortisseur. Heureusement les amis sont là et Dany ( le mécano de Michel AMALRIC ) me propose d'essayer un amortisseur d'origine modifié. Comme je n'ai rien à perdre, je monte l'engin et part au warm-up. De retour du warm-up, je me rends compte que nous avons trouvé une direction, mais il est trop tard pour régler l'amortisseur. Je décide de partir quand même avec cette nouvelle configuration. Une finale qui aurait pu plus mal se passer... Difficile de courir dans ces conditions, la moto est radicalement différente de celle que j'ai eu jusqu'à présent, mais certains problèmes ne sont pas encore résolus. Malgré çà, je décide de faire un départ prudent pour tester les limites de cette nouvelle moto. Feu vert, je lâche bien l'embrayage et je grille ma ligne. Au goulet avant Estoril, les carénages se frôlent et je me faufile entre deux motos. J'arrive au freinage avec un peu d'appréhension, car je ne connaît pas le comportement de cette nouvelle moto. Nous sommes cinq de front et je commence à inscrire ma GSXR dans le droit d'Adélaïde, quand j'entend un crissement de pneu. Je redresse et vois passer une fusée qui a oublié de freiner. Ouf, j'ai eu chaud, mais je perds le contact avec le groupe de devant. Je commence à remonter et me bagarre avec un groupe de trois motos. Une bonne chose, mes chronos sont meilleurs qu'en qualif, mais je n'ai pas confiance dans le train avant de cette moto sur les freinages appuyés (malgré les bonnes plaquettes C.Lorraine de Délphine). Je perds deux duels à cause de çà, mais je distance mes poursuivants. Le reste de la course sera une course en solitaire qui me permettra de terminer à une modeste 15 ème place. Si on regarde le résultat brut, OK, c'est minable, mais il y a des bons points. Premièrement, un début de direction a commencé à pointer son nez, deuxièmement, le résultat final est meilleur qu'en qualif et même si tout me poussait à laisser tomber, je suis resté motivé jusqu'au bout. En compétition, et encore plus en sport mécanique, beaucoup de paramètres extérieurs à la pure performance physique, peuvent fausser les cartes et il faut être fort mentalement pour ne pas se laisser déborder. Ce type d'épreuves peuvent nous anéantir ou au contraire nous rendre plus fort. Pour ma part et cela depuis que je cours en compétition moto, c'est toujours la deuxième solution qui prime, mais la grande dame qu'est la compétition m'a donné encore une bonne leçon tout en testant ma motivation à l'extrême. Dans tous les cas, à ceux qui m'ont enterré un peu vite, je dis.....rendez-vous à Lédenon où je vous promet que vous verrez du " Grand LEGLAT' ". Merci à tous ceux qui m'ont soutenu, Valérie, J.Claude, Olivier ULLMAN ( qui a été de bon conseil ), Patrick MACCIO, Eugène MULLIE, Eric MAIRONE, Daniel ( dit le Châtelain ) et à mes partenaires DUNOP, CARBONE LORRAINE, MEGA MOTO et MOTO STYLE, sans qui cette belle aventure humaine m'aurait pas pu avoir lieu. Gaz en grand et RDV à Lédenon... Jean François Le Glatin |