| 24H00 de Barcelone 2003 |
| par Jean François Le Glatin |
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Résumé des 24 Heures de Barcelone 2003 Quand Didier CRASSOUS m'a demandé de faire les 24 heures de BARCELONE avec lui j'ai eu un moment d'hésitation, mais je me suis rappelé les bons souvenir ( 24 Heures de SPA en 1997 où nous avions fini 1er de notre catégorie et 10 ème avec un 748 DUCATI ). Didier, pilote talentueux et gentil garçon avait misé gros sur cette course et comptait sur un bon résultat qui lui servirait de tremplin pour l'avenir. L'objectif était donc clair, finir à tout prix et être à la hauteur de la petite équipe de bénévole que Didier et son papa avait réuni. L'affaire n'était pas simple, trois semaines avant la course, Philippe THOMAS s'était gravement blessé à SPA lors de la manche de Super Roadster Cup et ne pouvait pas rouler à Barcelone. Il a fallu trouver un remplaçant de dernière minute qui soit à notre niveau. Pas facile avec la concurrence de date des 24 heures de SPA. Heureusement mon coéquipier des 24 Heures du Mans (Franck TAUZIEDE), m'a dit oui tout de suite et c'est montré emballé de venir rouler à Barcelone. DIDIER, FRANCK et moi, sur le papier, l'équipe de pilote était homogène, restait la moto ( un Yamaha 1000 R1 ) que Franck et moi ne connaissions pas. Qualification direct pour moi, essais de 30 minutes pour le team... Petite originalité des 24 heures de Barcelone, les essais avant la course n'existent pratiquement pas, juste 30 minutes avant les qualifs. Un peu juste pour apprendre le circuit et régler la moto. Pour ma part, ce sera qualif directement, car je travaillais le Vendredi. J'arrive donc à Barcelone 30 minutes avant ma qualif, sans connaître la moto ni le circuit. Tout çà avec seulement 30 minutes pour être qualifié. Départ de ma qualif à 19.15....je sui tendu, mais j'ai hâte de découvrir ce fantastique circuit Espagnol. Dans ma tête les images s'affolent, celle CAPIROSSI en travers ou de BIAGGI se sortant en course. J'ai eu beau visionner la casette du GP, cette piste ne me paraît pas simple. En effet, lors de mes premiers tours de roue, je suis complètement perdu et je n'arrive pas à me rappeler dans quel virage je suis. Difficile dans ces conditions de faire péter une pendule sans commettre d'erreur. Je m'applique quand même et je réussi à me qualifier 11 éme de ma série. Incroyable avec seulement 30 minutes, mais encouragement pour la suite. Quel circuit ! , ce circuit de Barcelone, quel pied de rouler sur ce tracé technique et sélectif . Il y a des endroits magique comme le Stadium où courir à moto prend une autre dimension et où le bonheur de mettre ses roues sur des circuits aussi prestigieux reste unique et le privilège d'un petit nombre de pilote. Pour notre équipe, ce résultat et celui des deux autres pilotes, nous permettra de nous qualifier 9 ème sur la grille. C'est FRANCK qui fera le meilleur temps, c'est donc lui qui prendra le départ. Samedi...l'heure du départ est proche.. Originalité de ces 24 Heures, le départ sera donné à 18H00 ! Cette disposition a un avantage, elle permet de passer la nuit assez facilement, mais plus tard, avec la chaleur, la partie s'annonce difficile. Départ 18.00 h, il fait beau et les belles espagnoles sont de sortie... Franck s'installe en face de la 1000 R1 préparé par Style MOTOR Racing ( le garage de Didier à Perpignan ) et s'élance comme une fusée. Il boucle le premier tour à la dixième place. Ce beau départ nous permet de voir notre numéro de moto ( 66 ) sur un grand totem à la fin de la ligne droite des stands. Cette originalité de Barcelone est bien pratique car il y figure le classement des dix premiers en temps réel, l'heure et le nombre de tours parcourus par les hommes de tête. Notre YAMAHA N° 66 ne le quittera plus jusqu'à l'arrivée. Les relais s'enchaînent et la 1000 R1 tourne comme une horloge. Juste la chaîne à retendre et la selle qu'il faut consolider, mais tout le reste est fiable et visiblement la moto a été bien préparée. Les ravitaillements sont ultra rapides avec un temps record pour la roue avant de 8 secondes. Nos systèmes de démontage de roue avant et arrière vont faire des jaloux. J.François ( Chef mécanicien chez CHOMAT à Manosque en est le concepteur et est venu prêter main forte au team de Didier ). Les relais se succèdent, et malgré une mise au point de notre châssis un peu limite ( l'amortisseur Olhins était trop juste en ressort et la moto glisse beaucoup sur l'angle maxi ), les trois pilotes assurent comme des bêtes et nous réussissons à remonter à la 5 ème place à la force des demi-guidons. La nuit sur le circuit de Barcelone et en dehors, la fête bat son plein et le feu d'artifice associé à la musique, rendent cette aventure encore plus pittoresque. Il n'y a pas à dire, les Espagnoles savent vivre et aiment la fiesta. Au petit matin, nous sommes encore cinquième et Franck fait un relais rapide et le meilleur temps de l'équipe. 2 secondes plus vite que notre meilleur temps de qualif. Le circuit commence à rentrer, mais Didier qui reprend la moto après lui, se plaint en rentrant d'avoir eu des pneus qui glissaient énormément. Dans le relais suivant, je suis heureux pour Franck, mais un peu déçu de ne pas rouler plus vite. Le relais d'après, ce sera chose faite, je reprends le meilleur temps à Franck et roule régulièrement dans mes meilleurs temps. Je me paye au passage un baston avec la N°6 ( une R 71 affûtée et très rapide, actuellement 2 ème du général ), je suis dans un bon rythme et largue le pilote de la 6. C'est bon de rouler en se lâchant. Le train avant de la R1 est si précis que c'est un régal de repousser les limites en entrée de virage. Si bien qu'à mi-relais, le pneu avant me fera comprendre qu'il est au bout et deux glisses de l'avant (le pneu est dans son troisième relais) me feront rendre un peu la main. Au 15 ème tour, je vois J.Claude CRASSOUS le team manager et Papa de DIDIER me faire des grands signes du bord de la piste. Visiblement, il souhaite que je ralentisse de 3 secondes au tour. Je m'exécute, car Franck qui prendra la moto après moi risque de souffrir. A mon retour, J.Claude CRASSOUS me dit que nous avons 10 tours d'avance sur le 6 ème et qu'il ne faut plus prendre de risque. A 4 heures de la fin, grâce à notre régularité, nous passons à la quatrième place. Cette place sera tenue jusqu'à l'arrivée, malgré un réservoir remplacé ( crépine bouchée ) à trois heures de la fin. Nous n'avons même pas changé de plaquette et notre R1 a tourné comme une horloge. Je termine le dernier relais en fanfare et passe sous le drapeau à damiers avec une joie immense, heureux et fier d'avoir emmené notre Yamaha à la quatrième place finale. Pas mal pour une première et une R1 presque d'origine. Un grand merci à toute l'équipe de passionnés ( famille CRASSOUS en tête ), merci au Papa pour sa clairvoyance et sa passion, merci à Maman pour ses petits plats et son engagement, merci à Didier pour son courage et sa confiance. L'équipe des mécanos et des chronos a été au top et notre kiné, Pierre MOURAD que nous avons trouvé au dernier moment ( en plus, c'était une première pour lui aussi ) a fait vraiment du bon boulot. Sans cette belle osmose, le résultat n'aurait pas été celui là. Merci à eux...c'est beau pour çà aussi l'endurance. Grand Gaz à tous ! Jean François Le Glatin |