24H00 de SPA 2003
par Bruno Donati

24 HEURES DE SPA

Je tiens à particulièrement remercier Philippe Dobé pour sa gentillesse et sa disponibilité, et sans qui le reportage de cette course n'aurait pu avoir lieu.


LOGIQUEMENT...

24h00 de SpaC'est logiquement que les deux Suzuki du SERT ont remporté la 32ème édition des 24Heures de LIEGE.
Logiquement parce qu'il n'y avait pas d'usines officielles engagées, logiquement parce que les Suzuki 1000 GSXR sont de loin les meilleures machines du moment, logiquement parce que les pilotes de ces deux Suzuki sont des valeurs sures, enfin logiquement parce que Dominique Méliand est un chef d'équipe de très grande expérience.

Toute cette course s'est déroulée sans fausse note. Quelle rapidité, quelle fluidité pour un changement de pneus, un plein, un remplacement de plaquettes. C'est tellement propre que cela semble facile, évident.

Pourtant quand on observe d'autres teams moins "pros", quel contraste, et là il faut convenir qu'une telle précision dans les gestes et une telle osmose entre les mécaniciens sont le fruit de beaucoup de travail, d'un entraînement intensif .

Même si le circuit de Spa-Francorchamps est considéré par beaucoup comme un des plus beaux circuit du monde, cette édition 2003 ne restera pas dans les mémoires comme une course d'anthologie.
Pour preuve, les gradins face aux stands qui étaient bien remplis pour le départ le furent beaucoup moins à l'arrivée.

Suzuki 1000 gsxr SERTSi ce circuit , situé dans le superbe site naturel que sont les Ardennes Belges est un des plus beaux de la planète, il est aussi un des plus arrosés (mais après tout on n'arrose que les belles plantes...).
Et c'est donc sur une piste humide et sous un ciel menaçant que les pilotes se sont alignés sur la grille de départ, en épis façon " Le Mans ".
Tout au long de ces deux jours, la météo aura toutefois pitié des pilotes et des spectateurs et c'est même sous un soleil chaud et radieux que se terminera la course.

Le départ fut donné à 15H00, enfin 15H02 suite à la chute d'Eric Monot du team "Jet Team" sur la ligne de départ (piste humide...rappelons-le).

Ce sont les deux Suzuki du SERT, la n°2 en pôle et la n°1 ...en seconde position qui ont pris le meilleur départ, mais au premier passage devant les stands la numérologie avait repris son ordre croissant.
Pas pour longtemps toutefois puisque la Suzuki n°60 des Belges -Roelens / Wuyts / De Maegt - chaussée de slicks retaillés (des mixtes pour les " Suz " 1 et 2) et emmenée par Louis Wuyts allait s'emparer du commandement.

A la 2ème heure de course, après que les deux Suzuki n°1 et 2 eurent ravitaillé et changé de pneus, la " logique " re-installa respectivement la n°2 et la n°1 en tête, avec à la fin de la deuxième heure une avance de 54 secondes pour l'équipage - Four / Gimbert / Dussauge- sur leurs coéquipiers - Morrison / Dobé / Philippe - Cet ordre sera le même jusqu'au baisser du drapeau à damiers et l'avance de la machine de tête n'excédera jamais vraiment plus d'un tour et sera même de seulement 2 minutes 4 secondes et 786 centièmes à l'arrivée (meilleur temps en course 2:27.825 pour la n°2)... mais à 19 tours des troisièmes.

Team DAP Moto 91 pierrot lerat vanstaenLa 3ème marche du podium a été remportée par la ...Suzuki n°91 de " Team DAP 91" avec l'équipage - Lerat Vanstaen P / Jond F/ Cortinovis JF- En 11ème position à la fin de la première heure, ils ont rétrogradé à la 38ème place suite à des problèmes de joint de boite et de pignon.
Puis à force de courage et de talent, ils sont remontés à la troisième position un peu avant 23 heures et ne la quitteront plus. Bravo !

Grosse déception pour la Suzuki n°72, qui après sept heures de course pointait toujours en troisième position, mais un peu avant 23 heures, Jérôme Tangre chutait à " Rivage ", un virage à 180° en forte déclivité.
Alors en quatrième place, ce fut au tour de Denis Bouan, peu après minuit, d'aller à la faute, au même endroit que Jérôme.
Après un arrêt aux stands, Denis repartira alors que les mécanos en moins de vingt minutes auront changé les pneus, les phares, la batterie, l'échappement, le sélecteur, le système de refroidissement et retapé le carénage, ouf !.

Un malheur ne venant jamais seul (comme disait Woody Allen : les ennuis c'est comme le papier hygiénique, on en tire un il en vient dix), la nuit les mécanos batailleront avec l'amortisseur et l'allumage et au petit matin changeront les câbles électriques.

A midi, Jérôme chutera en haut de l'impressionnant Raidillon. Avant l'arrivée, les mécanos devront à de nombreuses reprises changer des pièces et seront confrontés à un gros problème de jeu dans la colonne de direction. Bilan : l'équipe termine à la quarantième position.

dominique Meliand suzuki endurance racing team La bonne " vieille " Kawa ZX9R n°8 du team suisse Bollinger, pilotée par - Bernard Cuzin / Tobias Nystrom / Frédéric Moreira - sera la première Non-Suzuki classée en haut du tableau. L'équipage prendra la quatrième place au lever du jour et ne la lâchera plus.

Neuvième place au général et première en Stocksport pour la Yamaha n°41 managée par le sympathique Jean-Marc Deletang. Si l'équipage composé de -David Emonet / Christophe Roche / Fred Notte - a eu quelques soucis lors des essais de nuit sous la pluie, il a su mettre à profit la météo devenue clémente au cours du week-end.

A l'arrivée, excepté deux Aprilia 1000RSV engagées en superbike, toutes les motos étaient des quatre cylindres en ligne. Il est loin le temps ou seuls les moteurs en V étaient le top (RC30 et RC45 Honda, SP1) ... comme en grand prix actuellement.
L'histoire est un éternel recommencement !!!

Si cette victoire n'enlève absolument rien au talent de Dominique Méliand et son équipe (on ne gagne pas depuis de nombreuses années des courses d'endurance par hasard), il serait tout de même temps que les plus hautes instances de la compétition moto s'accordent pour redonner à l'endurance la place qui lui revient.

Quant aux constructeurs, Messieurs au boulot, vous nous avez par le passé habitués à beaucoup mieux.

Bruno Donati