| Moto Tour 2003 |
| La fin de l'Issoire... |
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C'est l'issoire d'un mec, par Stéphane Bovin Je ne peux pas vous dire à quel point je fût heureux quand Bertrand Sebileau m'appela pour me confier la lourde tâche d'être son "porteur d'eau" a l'occasion du moto tour mais je vais essayer de vous raconter mon histoire en quelques lignes. Après avoir passé trois jours chez Bertrand et à tracer les cartes à sans faire péter les yeux, on débarque chez kawa récupérer " MA " Z1000 ainsi qu'au salon de la moto pour se faire fournir des sacoches cavalières, lecteur de carte chez Bagster, une bulle haute chez Airmax et un ensemble cuir pour ma pomme ou plutôt mon cul chez Bering (merci Virginie). Nous voici prêts pour couvrir les 2300 kms qui nous séparent de Paris à Toulon. Dimanche 5 octobre Petit souci d'intendance et je me retrouve à garder le camion d'assistance pendant que " mon " pilote file vers Tours, ce qui me vaut de me pommer après seulement 50 kms vu que je n'ai pas de road book. Je ne suis pas trop inquiet car il fait la route avec l'équipe de moto journal et il peut me contacter par téléphone (je dispose d'une oreillette sous mon casque). Ca fait 172 kms que je roule, on va dire soutenu ! et la jauge à essence me signale de me bouger à trouver du jus faute de pousser. Coup de fil de Bertrand qui s'inquiète (enfin !) de ne pas me voir et m'indique une station à 10 bornes. Manque de pot il se plante dans le nom de la ville et me voici en panne sèche mais le plus emmerdant arrive. J'ote mon casque pour pousser la belle et c'est là que j'entend un petit puiiiffffff. hOoo putain, j'ai dans le pneu arrière un joli rivet pop. Là c'est pas top. Après exactement 192 kms du départ je me vois contraint d'appeler le camion d'assistance pour me dépanner en pleine campagne. 45 minutes et environs 15 clops plus tard le camion débarque, Véroet Jean Charles (les mécanos de Bertrand) me changent la roue et me fond le plein. Gros gaz jusqu'à Tours et repas avec toute l'équipe. Lundi 6 octobre 5 heures du mat j'ai des frissons j'enfile mes bottes, ma combinaison.... Direction le circuit du Mans. Tiens, un radar bien planqué sur la nationale. pas de problème car on coupe grave à l'entrée des villes et villages, On prépare la kawa de Bertrand (couvertures chauffantes, platines hautes) et il s'élance avec une quarantaine de furieux sur la piste bien fraîche. Coup de théâtre au deuxième tour de chauffe, il se prend une boite, relève la moto (guidon et sélecteur tordu) mais arrive tout de même à prendre le départ et finir 8ème en priant que le guidon ne finisse pas dans ces belles ratiches. Un peut de boulot pour remettre la Z1000 en état et nous voilà repartis direction Montluçon avec quelques spéciales au menu. Mon travail consiste en gros à suivre Bertrand à 5 / 10 minutes d'écart pour ne pas le gêner, à me trouver en bas des spéciales pour le décharger de ses affaires de route (gros gants, coupe vent et sa banane) puis filer au plus vite en haut de la dite spéciale en passant par une autre route et ça je peux vous dire que c'est tout sauf reposant. J'ai mis du gaz comme j'en avais jamais mis sur route, qu'elle soit couverte de gravier, de feuilles mortes ou tout simplement détrempée, un seul mot GAZ et chute interdite. Mardi 7 Octobre La plus grosse journée (et nuit) du moto tour, 3 spéciales de jour et deux de nuit. Plusieurs heures d'attente sur une des spéciales pendant lesquelles je peux discuter moto avec les CRS motorisés qui nous accompagnent depuis Paris. Un moment bien sympa (hé oui !!!) Je me suis mi en cheville avec les ouvreurs pour qu'ils me permettent de prendre les spéciales si j'arrive avant eux. Encore une mission bien hard. On arrive à Issoire après une descente de folie avec quelques cintrésdont je tairais les noms et dont je fais malheureusement parti. Petite discussion autour d'un pastaga : - putain ça glissait grave des deux roues, pourtant la route était propre ! - c'est vrai ça glissait, bon d'accord s'était mouillé mais propre. - bande de fada s'était de la neige fondue !!! Ayant de la famille à Issoire, je m'impatiente de pouvoir prendre une vraie douche et de m'asseoir sur un vrai chiotte en faïence !!! On prépare la bécane de Bertrand en lui installant l'éclairage supplémentaire de rigueur pour cette nuit de folie. A 20h30 je me dirige vers la première spéciale et comme convenu je la monte pour attendre fast sebil en haut. Ne disposant que de l'éclairage d'origine je me fais surprendre à plusieurs reprises par la configuration de la route et dans une épingle à droite, frôle la chute en ré accélérant pourtant gentiment. Je m'inquiète à juste titre de l'adhérence dans ce virage. J'atteins l'arrivée où une buvette est installée et me propose un vin chaud en attendant les premiers concurrents. Dominique Sarron arrive suivi de Bruno Bonhuil. Problème, ça devrait être Stéphane Coutelle le deuxième à monter. Il indique une chute à la CB des commissaires.et merde c'est stef qui vient de se prendre une tôleet fini sa route (plutôt son saut) dans la rivière en contrebas de la route. Je m'inquiète sur son état, mais suis rassuré quand je le voie descendre de la voiture des commissaires de course. Il est pâlot le Stef et pas bavard sur le coup. Les autres concurrents arrivent toutes les minutes et j'aperçois surgir de la pénombre trois phares qui me rappellent ceux de la Z1000 n°11. C'est bien Bertrand. Il me fait signe (ça c'est pas bon) remerde !!! Le carter d'embrayage est percé. Il a glissé dans la fameuse épingle. Je m'active de lui obturer la plaie avec de la soudure à froid. Il repart de plus belle et je plie rapidement dans l'espoir de le suivre et de visualiser au cas ou il perdrait de l'huile. Je visse la poignée comme jamais, manque de me bourrer quasiment dans tous les virages (vu mon éclairage vraiment léger). J'arrive au contrôle horaire, on me signale qu'il est déjà passé. J'en remets une couche mais je suis vraiment au dessus de mes pompes et je décide d'attendre un concurrent qui me suis pas très loin et qui lui, éclaire comme en plein jour. Ho Putain ! c'est Bertrand, il me fait signe de prendre sa roue ou plutôt sa lumière. 5 kms plus loin il serre devant moi. Là s'est la tuile.On arrive à la deuxième spéciale.on décide de déposer le carter d'embrayage pour voir si un corps étranger ne se balade pas dans le bourrin. Nada, apparemment, les morceaux du carter ont fait du dégât dans la pompe à huile. Je retourne à Issoire pour commencer à déposer le bourrin de ma meule en attendant l'arrivée de Bertrand. Après réflexion, il décide de ne plus rouler avec sa moto au risque de casser le carter et de répandre de l'huile sur la spéciale. Le camion arrive avec à son bord la bête agonisante et les mécanos se mettent au travail. Il est 2 heures du matin et je vais chez ma belle sœur prendre une douche et dormir un peu. Je suis complètement vidé et tous mes muscles et tendons se relâchent car malheureusement je sais que l'aventure s'arrête là. Mercredi 8 Octobre Les mécanos ont bossé jusqu'à 8 heures pour permettre à Bertrandde rouler avec sa Z1000 en vue de faire des images embarquées pour Motors TV. L'ambiance dans l'équipe moto journal est plutôt morose. Deux prétendants à la victoire sont hors course dans la même spéciale. La caravane du tour continue sans nous en direction de villefranche sur Saône tandis que Bertrand et moi remontons ensemble avec le camion d'assistance et nos deux Z1000 ou ce qu'il en reste sur Paris. Je suis plus que frustré et déçu de n'avoir pas pu rallier Toulon avec mon pote, mais je suis heureux et très fier d'avoir pu participer à cette aventure et de la confiance que m'a faite Bertrand pour mener (à bien ?) cette mission. J'ai été ravi de rencontrer l'équipe de MJ & Co et du soutien mécanique de Véro et Jean Charles. Verry sorry Phil de t'avoir doublé et à tous les concurrents qui ont aperçu le cul de la Z1000 vert grenouille a sacoches. Fin de l'Issoire Stéphane Bovin |