Championnat de France d'Endurance Moto LEDENON 2004
Xavier Balner / Lionel Braun #96

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Xavier Balner / Lionel Braun #96

Championnat de France d'Endurance 2ème manche : Ledenon



Jeudi Matin : La 205 Junior est prête, on a réussi à accrocher la remorque, à y entasser notre matos de pistards, de la nourriture pour un WE et la trottinette.
Lionel Braun, mon coéquipier est à mes cotés avec le sourire, je passe la première et c'est parti pour une journée sur les (auto)routes françaises.


Jeudi Soir : Dans un ultime effort, la voiture monte le raidillon qui mène au circuit.
Là haut, un couple avec un camion/pieuvre octopuss (lui un bouc militaire pour l'anniversaire du débarquement, elle un tatouage tribal dans le bas du dos) nous propose de partager leur stand.
Après un refus poli, le Mistral nous force à reconsidérer leur invitation et à accepter.
Finalement, ce couple n'est autre que SpeedYann et sa SpeedNénette qui se révèleront être des personnes exceptionnelles tout au long de cette aventure :o)


xavier balner lionel braunVendredi : Le temps est au beau fixe, et les essais se passent bien.
Lionel, du haut de ses 17 ans, apprend (très) vite le 600.
Pour ma part, après une jolie série de gamelles à gauche à Carole, je reprends (lentement) confiance en la moto.
Une soirée passée en compagnie du GMTeam de la #70, une rapide révision de la moto, quelques heures de sommeil et nous voilà prêt à attaquer les qualifs.


Samedi : Après un petit problème de liquide de refroidissement, je m'élance à 9h pour mes premiers essais.
Autant je me débrouille pas trop mal dans les courbes à droites, autant je suis à l'arrêt quand ça tourne à gauche.
Pas de chance, Ledenon, ca tourne à gauche. 1'39, je ne suis pas dans le rythme, il va falloir se cracher dans les poignes l'après midi.
Pour Lionel, la séance du matin est une formalité : 1'34 tranquille. A midi, on décide de se dépêcher pour monter des pneus neufs.
Après avoir attendu que les monteurs reviennent de leur pause, on revient au box.
Il est 14h, Valerian commence à monter les pneus quand on s'aperçoit que c'est ma série qui roule.
Les horaires ont été changés, je n'étais pas au courant.
Toute ma colère s'exprime en un cri qui provoque l'arrivée de MarsuSeb, Cedric, Régis et Yann autour de la moto.
Les roues seront montés en un temps record et c'est très énervé que je prends la piste.
Les pendules baissent (1'38'01), mais je suis toujours très loin. AAAAaaaaaarrrrrgggg !!!
Lionel, en plus d'être super sympa, est extraordinairement rapide.
Il fera le 4ème temps de sa série et le 2ème temps 600 des essais qualifs avec un 1'32'8
Au cumul des temps, nous partirons de la 5ème place sur la grille de la finale B demain.


xavier balnerDimanche : D-Day, on est grave motivé pour jouer devant.
Je prends un départ moyen, mais très vite, je me tétanise sur la moto et je me fais passer par la joyeuse troupe de furieux qui me suivait.
Mes jambes sont bloqués, je peine à descendre sous mes chronos de qualif.
Après tout ce que j'ai fait pour m'entraîner, c'est un coup dur au moral, les motos me passant les unes après les autres.
A mi-relais, une boule de feu #110 me déboîte et là, je vois rouge. Il est absolument hors de question qu'Eric Picquot me passe devant.
A ce moment, je lui lèche la roue, je crie dans mon casque tellement mes jambes me font mal mais je reste derrière.
A la cuvette avant la ligne droite, Eric rate un rapport, j'en profite pour repasser devant et ne rien lâcher.
Les derniers tours se passent en bagarre avec la boule de feu. A la fin de mon relais, Lionel prend la moto et part à l'attaque.
Il roule en 1'34, comme ça, sans forcer ;o)
A mon second relais, je me retrouve coincé entre ma tête motivée qui enrage de ne pas rouler plus vite et mon corps tout tétanisé qui dit Stop.
Le relais se passe Lionel prend son dernier relais et reprend son rythme mais en dépassant un attardé (bon, OK, l'attardé était 2ème de la course :), les deux s'accrochent et chutent violemment au virage du pont.
Je n'ai pas vu la chute, je ne vois pas Lionel, l'attente est longue et pénible. Après un quart d'heure, je le retrouve à l'infirmerie, avec une main qui gonfle à vue d'oeil.

On prie pour qu'elle ne soit pas cassé, vu qu'il passe le Bac jeudi et vendredi et qu'il joue le titre 125 et 250 en Promo le samedi et dimanche.

Alain Gomez amène la moto, elle a une sale tête. Je suis l'ambulance de Lionel qui l'amène à la polyclinique.
On ne trouve plus sa carte Vitale, on se fait rediriger alors vers l'hôpital.

Quelques minutes après notre entrée là bas, il me dit qu'on pourra passer la radio à Paris.
On veut sortir de l'hôpital mais vu que Lionel est mineur et que je ne suis pas son père, on va devoir se taper plus de 4h d'attente pour nous confirmer que sa main n'a rien.

Bonne nouvelle. Le voyage du retour se fera dans la nuit, la déception laissant place à la fatigue.

Malgré tout, il ressort beaucoup de positif de ce WE, et on a des ambitions à la hausse pour la prochaine manche à Carole.

De mon coté, je me donne un mois pour retrouver mon rythme et pouvoir être à la hauteur de mon équipier.

Attendre sa chance est vain, la tenter ne suffit pas, il faut la forcer.

Ces prochaines semaines vont me permettrent de me consacrer encore plus à ce pourquoi je cours à moto : pour gagner.

Tout au long de ce WE, de nombreuses personnes nous ont aidé, soutenu, encouragé et je tiens à les remercier du fond du coeur de nous aider à avancer dans ce monde de la compétition moto.

Merci à Valerian, SpeedYann, Christelle, Régis, Alain, Tataille, Jimmy, MarsuSeb, Cedric, Mistigrette, aux Teams des motos #100, #71, #70, #79, #6, #110 et à ceux que j'ai oubliés mais qui se reconnaitront

Merci aussi aux sponsors, sans qui nous ne serions pas grand chose : Pirelli, Nolan, Oxtar, 3M, Protections McBob, le cordonnier rue Michel Ange à Paris

Xavier Balner
PIRELLI NOLANOXTAR3M