| Open de vitesse France |
![]() |
Circuit d'Albi 02/03 juillet 2005 Accueil Open Albi Suivante |

| DAVID MUSCAT, UN HOMME ENTIER. Avec ses sept titres (1en 250, 1en Superproduction et 5 en Supersport), David MUSCAT est un des trois pilotes les plus titrés en OPEN (Jean-Claude SELINI, 7 titres en 125 et Alain MICHEL, 7 titres en Side-car). Si David est légitimement satisfait d’avoir obtenu ces titres, il n’en fait pas pour autant une idée fixe : « Les gens se focalisent sur les titres, les records, moi je m’en fous. Un titre, c’est avant tout du travail, et c’est ce travail pour y arriver qui me plaît le plus. Et même avec le titre, cette année je n’ai pas pu travailler comme je voulais, et je n’aime pas ça. Ca ne m’intéresse pas d’arriver, de monter dans le camion, faire le beau, puis la course le dimanche et repartir » Il n’empêche que David a remporté toutes les épreuves cette année, sauf Carole :« A Carole, j’ai fait une grossière bêtise, impardonnable pour un pilote comme moi. Mais bon, quand je suis arrivé, je n’avais pas de pneus course chauds, j’ai pris la responsabilité de rouler avec un pneu de route qui nous sert au transport, je me suis énervé, je suis tombé et me suis cassé l’épaule » Un tel palmarès est-il dû à l’expérience ? « Vous me faites rire avec ça, je n’ai pas plus d’expérience que ceux qui ont fait des grands prix. J’en apprends encore tous les jours, et surtout je travaille, je travaille beaucoup » David sait se battre sur la piste, et il aime ça, mais il doit aussi lutter avec le côté financier. « Gagner un championnat sans gros moyens financiers n’est pas facile, et le faire dans les conditions qu’on l’a fait, je comprends que cela gène beaucoup de monde. Ducati est une petite structure et n’a pas les moyens des Japonais. Chez Ducati, ils m’ont dit : « David, on ne peut rien faire, tu trouves ailleurs si tu peux». Mais bon, ils m’ont quand même un peu aidé. De loin, je ne suis pas celui qui a le plus gros budget, par contre, des gens comme l’Ecole de la Performance, les assurances Moto-service ne m’ont pas laissé tomber» Et c’est à cause de ces raisons d’argent que David risque d’orienter son avenir professionnel différemment : « J’ai 35 ans, je vais courir encore 5 ans, et cette année je vais probablement perdre de l’argent, je ne peux pas continuer comme ça, c’est une certitude. Je gère l’aspect financier, c’est lourd, et il faut malgré tout pouvoir vivre, et c’est pour cette raison que je risque de prendre une décision qui peut-être me déplaira » Mais pour aller où ? « Je pourrais aller un peu partout, mais il me sera très difficile de partir de chez Ducati. Mes relations avec Ducati sont autres que professionnelles. Si j’ai une superbe offre d’une usine japonaise, je vais chez Ducati et je leur dis : « déconnez pas, faites un truc... ». « Non, très sérieusement, je ne sais pas encore» Faire autre chose que le championnat de France ? « J’aimerais faire autre chose, mais je ne sais pas ce que je vaux, mais j’aimerais savoir. Mais là encore, l’argent... » (il faut souvent amener un budget). David a aussi la réputation de ne pas avoir un caractère facile, mais il ne faudrait pas confondre mauvais caractère et personnalité. David est avant tout quelqu’un d’entier.« Quand j’ai quelque chose à dire, je le dis. Le problème, c’est que la majorité des gens cirent les pompes pour arriver à quelque chose. Je suis né dans le caniveau, je me suis fais tout seul. Je suis comme un homme doit être. « Si j’aime quelqu’un, je lui dis bonjour, j’aime les gens passionnés, je m’enrichis de personnes passionnées de plein de choses. » « On vit dans un monde superficiel, et je me fous de ce qu’on peut dire de moi. Dans cette société, si tu n’as pas un billet de 500 euros, tu ne fais pas l’unanimité, et faire l’unanimité est le cadet de mes soucis. Par contre, je peux tout donner aux gens qui me font confiance » « Dans ce monde, les gens ne disent pas ce qu’ils pensent, parce qu’ils attendent une chose qui de toute façon, si elle n’est pas méritée, ils ne l’auront pas. Les gens tournent autour du pot, moi je suis direct et voilà. » « C’est comme ces gens qui font du business et qui essaient de magouiller pour obtenir quelque chose, quand ils rentrent chez eux, avec leur femme, leurs amis, est-ce que tu crois qu’ils font la coupure ? Non, je ne crois pas, ils restent les mêmes. » « Si je tombe sur un team-manager qui me dit, il faut faire si ou ça et que je n’en ai pas envie, je lui demande des explications, et s’il arrive à me convaincre, je vais le faire. Mais s’il essaie de me mettre la pression, non ! Si David a une vraie personnalité, il sait tout autant être humble et reconnaissant : « Si je suis le pilote que je suis, avec le caractère qui est le mien, c’est que je dois tout à Monsieur Jacky GERMAIN. Il m’a tout enseigné, de A à Z. Quand je suis arrivé chez lui, j’étais rapide, mais je faisais n’importe quoi. Je suis resté deux ans chez lui, il m’a mis des baffes, elles étaient toutes méritées. Et il n’y en a pas beaucoup qui se sont permis de me mettre des baffes... Jacky GERMAIN m’a bonifié ! » « Adrien MORILLAS, avec qui j’ai de très bonnes relations, m’a aussi apporté beaucoup ! » « Frédéric PROTAT m’aide beaucoup sur tout ce qui est technique » Quand on lui demande son opinion sur le championnat actuel et la formation des jeunes, là encore, David n’adopte pas la langue de bois. « Au niveau de la promotion qui est faite pour le championnat de France, je ne peux pas trop en parler, mais ce que je sais, c’est que je ne voudrais pas être à la place de Jacques BOLLE. Je ne suis pas promoteur et ne suis pas capable de faire ce qu’il fait, comment se permettre de critiquer. « Toutefois, je pense que le gros problème, par rapport à l’Italie ou l’Angleterre, c’est qu’on n’a pas de véritable culture moto en France. » « Pour la formation des jeunes, je suis contre de les pousser dès 14 ans. Et la responsabilité de faire courir un gamin de cet âge, c’est les parents qui la prenne, et cela doit être géré par eux, parce que le jour où il y en a un qui va se tuer... » « Et puis un gamin qui est bon à 14 ans, il le sera à 18. L’important dans la vie, ce n’est pas de gagner des courses, c’est de vivre sa passion » David Muscat interview de Bruno Donati Albi 2005. |

