| EUROPEAN WOMEN'S CUP Grobnik - Rijeka 12 Juin |

Championnat d’Europe féminin, 2e manche en CroatieOh!... la belle place ! 15ème au scratch lors de la première manche européenne il y a trois semaines en Italie sur le circuit de Vallelunga, Sandrine Martin se lance dans une nouvelle aventure, en Croatie cette fois. Chaque épreuve sportive est une vraie aventure, sportive mais aussi humaine. Une aventure dans tous les sens du terme, puisque comme en Italie, Sandrine découvre le circuit la veille des premiers essais libres... Réputation La caravane jurassienne débarque en Croatie à quelques kilomètres de Rijeka jeudi vers 18 heures. La Croatie qui dévoile d’emblée ses charmes et le circuit de Grobnik est entouré de collines verdoyantes et de petits villages perchés. Le campement se met en place et la maison toilée du week-end mérite à chaque fois qu’on y pende une crémaillère bien méritée !! Après 14 heures de route, plus de 20 pour Dominique Beauvais le team manager venu du Mans... Voilà le grand luxe des amateurs ! A peine arrivés et le paddock livre déjà ses premières infos. Le circuit est réputé rapide, très rapide, mais aussi très technique. Guidonnage assuré pour cause de bitume endommagé. D’ailleurs pour se mettre dans le coup, Sandrine se joint aux françaises, Fabienne Migout, Lydia Jean et Francine Jacquet, et part en repérage. 4 km 100 à mémoriser. “Je ne freine jamais” Et comme la nuit porte conseil... Sandrine aborde dès le lendemain les essais libres assez décontractée.Julien Rat, le fidèle mécano, apporte les dernières touches à la moto : vérification et réglage de la pression, nettoyage de la chaîne et réglage de la hauteur des sélecteurs. Sandrine entre en piste à 11 heures pour sa première séance d’entraînement, une demi-heure de roulage... et des débuts difficiles. 1’54.31 au 6ème tour alors que le meilleur temps chez les filles est de 1’37. Petite inquiétude dans le clan Martin. Sandrine à la peine... normal elle n’a pas roulé depuis trois semaines. Sandrine émotive touchée par le nouvel accident mortel sur le circuit de Lédenon... sans aucun doute. Et puis... et puis les secondes en moins se ramassent à la pelle : 1’49.00 au 10ème tour pour finir en fin de séance à 1’47.57. “ Aucun problème, rien n’a changé sur la moto... je ne freine jamais !” Pas d’autosatisfaction, jamais, mais des paroles rassurantes. Sandrine est dedans et les deux essais de l’après-midi le confirment. La recette Martin Sandrine Martin a cette faculté de ne pas se stresser, de ne pas se mettre de pression. “On ne va pas se prendre la tête” est sans doute sa phrase leitmotiv, qu’elle répète à qui veut bien l’entendre. La recette : prenez un circuit inconnu, une moto de 1000 cm3, tourner le plus vite possible et vous obtiendrez un état de zénitude total avec des nuits de plus de 12 heures, des siestes tous les jours. Une fraîcheur et un état de détente absolu. Une sérénité désarmante... et une qualité rare qui lui permet sans aucun doute, en plus de ses qualités évidentes de pilotage, de continuer à progresser. Et c’est le cas dans les deux derniers essais de ce vendredi après-midi. Le chrono descend à 1’46.50 dès 14 heures puis à 1’44.78 sur la séance de 17 heures. Prête pour attaquer les deux manches qualificatives du lendemain. Rendez-vous à 11 heures et 16 heures. On se prend à y croire Samedi 11 juin, journée importante qui déterminera la grille de départ. Deux manches qualificatives où chaque fois Sandrine Martin améliore ses temps. 11 heures, les filles s’élancent et Sandrine se distingue par sa régularité. Résultat, elle réalise le 6ème temps scratch et le 4ème temps sur 1000, à quelques dixièmes du podium. Première satisfaction. 16 heures, en piste pour la dernière ligne droite avant la course. Dès le deuxième tour, Sandrine tape son temps du matin, 1’44, mais après 13 minutes elle s’arrête au stand. Elle roule seule, impossible dans ces conditions d’améliorer son chrono et en plus “je m’emmerde, j’ai personne devant moi”, lâche-t-elle. Dominique lui donne le top pour repartir avec stratégiquement l’arrivée de Pétra Sovegjarto, la jeune hongroise sur 600, qui lui sert de lièvre pendant quelques tours. Sandrine prend la roue, et affiche son meilleur chrono avec tenez-vous bien près d’une seconde et demi en moins et largement devant sa rivale du matin. 1’42, à ce stade Sandrine prend la 3ème place en 1000 et la 5ème place au scratch. La 2ème française derrière Fabienne Migout, ça s’appelle une perf... reste à confirmer. On se prend à y croire. Des fleurs à l’arrivée Le warm-up est à 9h40, la course à 11h15. Sandrine Martin part en deuxième ligne, une bonne place à condition de faire un bon départ... Le feu rouge s’éteint et la course s’engage. Sandrine ne réussit pas à lâcher complètement les gaz, mais dès l’attaque de la première courbe, elle vire dans le bon groupe, là où se joue la gagne. Devant, Samuela De Nardi, l’Italienne, vainqueur à Vallelunga, et Fabienne Migout se détachent. L’Italienne prendra le large assez rapidement. Derrière, une autre italienne Alessia Polita, puis un groupe de trois mené par Sandrine Martin avec dans sa roue Petra Sovegjarto et Lydia Jean sur 600. Dommage, cette fois c’est Sandrine qui sert de lièvre à ce petit monde... mais tout va bien. Une fois encore la française est régulière. Dans le 6ème tour elle se fait passer par la hongroise, mais ne bronche pas. “Il n’était pas question que je prenne de risque. Elle court en 600 et je gardais ma place dans ma catégorie.” Et puis... drapeau rouge, arrêt de la course. Chute. Là, comme d’habitude, les visages au stand se ferment et s’installe quelques secondes d’attente insoutenable. Sandrine rentre et on apprend que c’est Fabienne Migout, 2ème de la course qui a chuté. Fabienne qui dès le tour de chauffe avait signalé des soucis sur sa moto. L’avant guidonait énormément, comme si sa moto n’était plus équilibrée. La course se termine sur cette chute. A 3 tours de la fin, la compétition ne reprend pas comme le précise le règlement. Dommage. Les motos sont emmenées au parc fermé et les pilotes prennent la direction du podium. Sandrine est de celles là. Troisième en 1000, 6ème au scratch et deuxième française... Les fleurs, le trophée sont bien mérités. De retour au paddock, les messages partent via la France... Les amis du Jura, la famille et ceux de Sarla dans le Périgord. Philippe Muchery, concessionnaire Yamaha, ancien pilote officiel, et préparateur de la moto de Sandrine, se dit fier. SMS Racing sans qui Sandrine ne serait pas là... Et puis, le week-end se termine avec les compliments de Fabienne Migout, deuxième sur le podium et encore une fois bien “amochée” mais debout. Fabienne précise à Sandrine qu’elle est à sa place... et évoque l’envie à peine voilée d’envisager une course de 24 heures avec elle dans une équipe 100% féminine. Sandrine est flattée mais sait, aujourd’hui, qu’elle ne se sent pas encore prête à se lancer dans une telle aventure. Il ne faut pas non plus que les rêves se réalisent trop vite. Quand on prend du plaisir autant le faire durer!!! Isabelle Forboteaux |
