EUROPEAN WOMEN'S CUP Vallelunga 15 mai

Sandrine Martin lors de European Women's Cup Vallelunga Mai 2005
Sandrine Martin lors de European Women's Cup Vallelunga Mai 2005


Women's Sport Project EUROPEAN WOMEN'S CUP Moto, Championnat d’Europe féminin Vallelunga...

ou le retour de la confiance


Il fallait oser... Elle l’a fait !

Sandrine Martin s’est alignée les 14 et 15 mai au départ de la première manche de Coupe d’Europe de sa jeune carrière, mais aussi de toute l’histoire du sport moto féminin.


Elle visait fort, dans les dix première toutes cylindrées confondues...

Elle termine 15ème derrière notamment les Italiennes, impressionnantes sur leur terre. Sur leur terre certes mais surtout compétitrices de très haut niveau, engagées pour certaines sur le circuit mondial, au milieu de leurs collègues masculins.

C’est dire que Sandrine Martin, coiffeuse de son état à Lons-le-Saunier dans le Jura, et sportive tout ce qu’il y a de plus amateur -  très petit budget, et des heures d’entraînement le week-end quand elle peut - a réalisé sur le circuit de Vallelunga, une très très belle performance.



Dompter la machine !
Sandrine Martin aborde là sa deuxième saison en compétition.

Une compétition qu’elle a bien failli laisser tomber à la suite de l’annulation de la Dream Cup, championnat national d’endurance féminin, qu’elle avait prévu de courir sur une Yamaha 600 cm3.

En quelques jours, il faut alors prendre une décision, tout laisser tomber ou continuer mais sur quelles épreuves. Sandrine ne baisse jamais les bras et avec Dominique Beauvais son team manager, elle décide de se lancer.

Puisque son objectif, à terme, est de prendre le départ des 24 heures du Mans et du Bol d’Or, elle se met aux commandes d’une Yamaha 1000 cm3, cylindrée indispensable pour ce genre d’épreuve d’endurance.

Reste à dompter l’engin, à connaître la moto et à ne pas avoir peur de sa puissance 160 chevaux et 290 km/h en vitesse de pointe.
Sandrine l’apprend à ses dépends. Les premiers entraînements sont difficiles. Elles chutent sans gravité mais le moral en prend un coup.

A-t-elle fait le bon choix? Sera-t-elle capable de maîtriser la machine et de gérer ses sensations?
Aujourd’hui la réponse, Sandrine la connaît. Les 14 et 15 mai  elle a retrouvé “la gniak” comme elle dit. « Mon premier objectif ce week-end était de ne pas chuter », avouera-t-elle après la course. Mission réussie.



Vallelunga, à l’école des 1000
Et puis pendant ces trois jours - le vendredi étant réservé aux essais libres - elle apprend beaucoup.

Lors de la reconnaissance du circuit, le vendredi soir, circuit que seule connaissent les Italiennes, elle discute avec Fabienne Migout la française, engagée depuis plus de dix ans au plus haut niveau de la compétition.
« Tu ne pousses pas suffisamment ta moto. Dans cette courbe, je passe à 12 000 tours, là à 14 000 tours, au plus fort de ce que je puisse faire, lui explique Fabienne. Toi tu prends trop d’angle pour passer tes virages et donc plus de risques. »
Moins vite, moins fort et plus dangereux... Le paradoxe de ces sports mécaniques où le danger n’est pas forcément là ou on l’attend.

La nuit portant conseil, le lendemain jour des qualifications, Sandrine décide d’appliquer les conseils et ça marche.
Tour après tour, les secondes se décomptent. «  C’est clair, hier je ne forçais pas. Je n’ai rien a me prouver sur cette compétition, pas de pression à me mettre. Je suis là pour me faire plaisir. »
Certes, mais Dominique Beauvais son manager à du mal à reconnaître la pilote volontaire. Il change d’avis. Sandrine va plus vite, plus fort. Enfin elle attaque. De 1'35, 1'36, Sandrine descend en 1'33.
Un problème technique sur la moto l’oblige a stoppé ses essais... frustrée !


3ème française sur terrain européen
Dimanche 15 mai, Circuit de Vallelunga, 11 H 15, la procédure de départ est lancée.
Les 24 filles en course s’élancent pour leur tour de chauffe, puis prennent place sur la grille de départ.

Départ difficile puisque souvent crucial dans une épreuve de vitesse qui dure 10 petites minutes. C’est parti mais quelques secondes plus tard... le drapeau rouge... arrêt de la course.

Une chute sans aucun doute. Sandrine rentre au stand et très vite on sait que c’est Fabienne Migout, la française, qui a chuté dans le même virage que l’avant-veille. Chute sans gravité.

Fabienne rentre au stand sur sa moto. Juste le temps pour elle de refixer le carénage et le tour de chauffe est relancé. Ce sera un nouveau départ en grille comme le prévoit le règlement.

Cette fois la course se déroule sans encombre et Sandrine Martin partie en 16ème position sur la grille gagne du terrain, du temps. Sur le visage de Dominique Beauvais, un petit sourire à chaque tour et c’est le point levé qu’il marque chaque passage de Sandrine dans la ligne droite...

Sandrine va bien. Elle double, elle s’accroche. Elle prend les bonnes roues, comme on dit dans le jargon. Les roues des italiennes qui connaissent le circuit sur le bout des doigts. Elle termine dans les 15 premières européennes, 8ème sur 1000 cm3 et 3ème française. Son temps : 1'31.

Elle a retrouvé sa belle confiance... A l’arrivée ses premiers mots iront à aux compétitrices italiennes, classées derrière elle et qui la félicite de sa belle performance.

Et puis comme d’habitude elle adresse un grand “Merci “ à Julien Rat son tout jeune mécano bénévole, passionné et efficace et à Dominique... toujours là depuis deux ans.

Rendez-vous dans trois semaines les 11 et 12 juin en Croatie à Riejka cette fois, pour la deuxième manche de ces Championnats d’Europe Moto Féminin.

Après le retour de la confiance...

Riejka ce sera de doute façon une nouvelle expérience importante. En Italie tous lui ont dit qu’elle devait ”Open the gaz” !!!!

Isabelle Forboteaux

Sandrine Martin lors de European Women's Cup Vallelunga Mai 2005
Sandrine Martin lors de European Women's Cup Vallelunga Mai 2005