| Clément Dunikowski |
009Il y avait James Bond 007, maintenant il y a, Clément Dunikowski 009... C'est le surnom humoristique que m'a donné mon entraineur, Nicolas Dussauge après ma première expérience en Grand Prix... Pas qualif pour 91 millièmes de seconde, d'ou le surnom, 0.09. J'ai pas eu trop le moral sur le coup, mais bon, faut savoir prendre ça du bon coté. Si j'avais su donner un petit coup de rein, comme on dit, j'étais qualif. Je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi même. Le chrono (le fameux juge de paix) a décidé que je ne méritai pas de prendre le départ. Respect à lui. Un peu comme à Nogaro où mon adversaire a été bien chanceux de pouvoir repartir après sa chute (même pas un levier cassé), ce qui m'aurait permis de rentrer à Albi avec 15 points d'avance et non avec 5 points de retard, je n'ai encore pas eu beaucoup de chance lors de mon premier GP car il est vrai que si la FIM avait pu homologuer le circuit pour 45 pilotes et non pas pour 40, comme ça a été fait, et bien j'aurai pu rouler car j'avais fait un temps suffisant pour être qualif, les fameux 107% de la pôle position. Et encore, heureusement que Sandi et Espargaro se sont "cassés" aux essais, sinon c'est toute la colonie Wild Card française qui aurait pu rentrer à la maison samedi soir. Avec des si, Randy aurait fini sur le podium, Mike les aurait atomisé et Jules aurait marqué ses premiers points. Faut pas compter sur moi pour les excuses. J'avais une bonne moto, le vent était le même pour tout le monde. J'assume. ![]() C'est vrai qu'en gros, ce GP de France, ce fut pour tous les français, un vrai week-end de poissards... A part peut-être pour Sylvain qui termine dans les 10, et qui en plus, a appris qu'il serait pilote essayeur en Moto GP dans le team Tech 3 ! Bravo à lui ! Il le mérite amplement. Alors, positivons, ce sera plus constructif. L'heure est donc à l'analyse, la première étant que ce fut une énorme leçon d'humilité, et une chance incroyable de s'autoévaluer par rapport au gratin mondial. Si on regarde la feuille des temps, les 4 français finissent "dans un mouchoir" en queue de classement, à 2 secondes du dernier pilote permanent classé! C'est dire qu'il y a du boulot et que le niveau français en 125 a pas mal de retard par rapport à celui des GP. A titre de comparaison, Bradley Smith, 15 ans comme moi, cador du championnat d'Espagne l'an dernier et lauréat de la MotoGP Académy, n'a jamais marqué le moindre point lors de ses 5 premiers GP et finit dans les 25ème. Ca veut dire en aussi que ce n'est plus possible, à moins d'être un surdoué génial, (c'est pas mon cas !) d'être d'entrée de jeu dans les 10 du championnat. C'est envisageable de faire un coup d'éclat une fois, comme Alexis l'avait fait l'année dernière à Assen, mais toute une saison, la niveau de pilotage est tel, les efforts à déployer son tels, que le mur est trop haut à franchir. Il faut du temps pour apprendre et beaucoup de travail. En ce qui me concerne, je sais vraiment ou il faut que je m'améliore. Le plus gros de mes progrès, je dois les faire dans ma technique de pilotage. Plus facile à dire qu'à faire... Comme me l'a dit Mike Di Meglio, il faut que j'accepte de me faire peur, pour pouvoir: freiner plus tard, accélérer plus tot et plus longtemps, être plus vif dans les enchainements. Ce que je sais faire est suffisant pour prétendre à être champion de France, mais le niveau est très loin des notions de dépassement de soi exigées par le monde des GP. En fait, pour faire une perf en mondial, il faut d'abord une technique irréprochable, ensuite un mental à toute épreuve (celui qui fait que même en cas de coup dur, on ne baisse pas les bras et on continue à tourner la poignée dans le bon sens !), un bon physique (mais bon, Pedrosa avec ses 40 kgs et son mètre 60 a prouvé que ce n'était pas fondamental), un bon team (là, j'ai pas à me plaindre !) et un peu de chance. Rossi et Bautista en ont bien manqué ce week-end au Mans! Ils étaient les meilleurs mais ils n'ont pas gagné.... J'ai quelques jours pour méditer tout cela, je reprends la route du Vigeant mercredi pour entamer la seconde moitié du championnat de France. Il faut absolument que je gagne pour continuer de mériter la confiance de la FFM et faire en sorte de garder toutes mes chances pour le titre, mon objectif prioritaire cette année. Encore une fois merci à la FFM pour m'avoir accordé cette wild card, à tout le team qui a fait bien des efforts malheureusement peu récompensés, à mes parents et à tous ceux qui continuent à distance, ou sur le terrain à m'aider, me soutenir et à me témoigner leur affection. Clément Dunikowski c'est sur : www.clementdunikowski.com |
