| Précédente - Circuit de Nevers Magny-Cours 68ème Bol d'Or Moto - Suivante |
Heuuu non attendez une petite minute, il est 21H30 je passe un coup de fil à mon grand ami Seb Moréno, blessé aux essais, mais si Seb vous savez celui qui étrenne ma petite robe noire pour me faire l'umbrella-boy en Dream-Cup.
Lui-même et Hervé Gilly dit " l'homme qui passait la ligne d'arrivée des 24 Heures du Mans à plat ventre" sont out du Team LTG sur blessures. La R1 stock du team à besoin d'un troisième pilote et Seb parle de moi comme un bon Team Manager de la Dream qu'il est. Bien évidemment d'autres pilotes sont sur les rangs et pour certains bien plus rapides. Je ne me fais pas trop d'illusions. Il est donc 21H30, je suis dehors entre nos 2 structures qui sont presques voisines (séparées par Infini Team) et je lui passe un dernier coup de fil et là "Et ben tu viens on t'attend sous la tente..." Je n'en crois pas mes oreilles, ils veulent bien de moi et bien sur je suis à 2 doigts de remettre le couvert question larmoyage en série. Je suis accueilli très chaleureusement par les membres du LTG qui semblent tous enchantés par ma venue. Je suis sauvée, ils m'ont sauvé. J'aurais un guidon demain. Je suis aux anges. Juste le temps du petit briefing pour Fred, mon nouveau Team Manager, qui me présente tout le monde et je fais connaissance de mes coéquipiers. Seb bien évidemment se bidonne de ma tronche face à cette situation et moi je me sens totalement enchantée mais aussi complètement terrorisée, mais là, la magie opère. Avec une gentillesse incroyable Olivier (DEVISE) et Cyril (HUVIER) vont faire en sorte que j'ai l'impression d'avoir commencé l'aventure avec eux et que nous roulons ensemble depuis toujours. J'ai du mal à réaliser. J'écoute sagement et prends rendez-vous dès le lendemain 9 heures pour le petit déj et un dernier briefing. De retour avec mon équipe je vois mon Grégou et Nico partagés entre leur joie pour moi et leur déception de ne pas en être. Mon coeur se pince mais "The Show must go on" et j'ai bien l'intention de faire de mon mieux pour que mon petit bout de 3A fasse un beau Bol. Je vais me coucher sous les acclamations du Power Team #68 totalement acquit à ma cause (merci les copains je vous aime, prenez bien soin du "Petit"...) Samedi 11 septembre : Et que la fête commence !!! Je découvre ma nouvelle monture au Warm-up. R1 2004 stock, jaune, toute jolie, chaussée de Pirelli ça devrait carrément le faire. J'y vais cool devant m'habituer à un braquet beaucoup plus court que le mien et à un frein plus délicat. Mais tout se passe bien et je rends le guidon de ma belle à Olivier sans encombre. 15 Heures : Départ du 68è Bol d'Or ! C'est Olivier qui attaque. Il semble serein et malgré les prévisions météo apocalyptiques ("Il va peut être falloir reporter le départ à cause de la grêle...") reste calme et détendu. Il fait un excellent départ et entame son premier relais. Tout se passe bien et environ 30 tours plus tard je m'y colle. Tout se passe sans encombre même si les chronos ne sont pas extraordinaires, je fais mon job et tente de le faire bien en me faisant plaisir le plus possible. Puis au bout de quelques tours mon sélecteur devient mou et je reste bloquée en 5ème... je finis mon tour et rentre au stand. Il faut savoir que Cyril et moi sommes en vitesses inversées et Olive en standard et c'est le petit système qui nous permet cette inversion rapide qui c'est décroché. Je repars donc vite fait et reprends mon relais. La fin approche et... mon levier de frein avant m'abandonne lâchement, pendouillant au bout de la durite... Je fais signe au box et refais un tour sans frein avant de rentrer. La cocotte fugueuse est refixée, tout rentre dans l'ordre et Cyril prend son relais. La pluie fait son apparition et l'enfer va se déchaîner durant des heures. Il rentre passer les pluies et repart avec le plein pour rentrer quasiment 2 heures plus tard et passer le relais à Olivier. Ce dernier roulera également presque 2 heures et c'est à mon tour. Cyril m'avait prévenu dès sa descente de la machine que la piste est extrêmement piègeuse et qu'il est quasiment impossible d'accélérer. Tant pis je m'en accommoderai et entame mon roulage. Sur ces 2 heures de relais, je vais passer pratiquement 43 MINUTES SOUS PACE-CAR. L'apocalypse a élu domicile à Magny Cours et les virages sont criblés de motos à terre. Je tente de rester concentrée pour ne pas chuter. Le constat est simple. Seule la sortie d'Estoril jusqu'à Adélaïde et la nouvelle portion permettent d'accélérer un peu. Le reste on oublie. Les portions de bitume lisses à la sortie des chicanes rende la piste aussi glissante qu'une patinoire. On me passe le T1, puis le box et... je m'envole aux freins à Adélaïde. Les commissaires redressent la moto rapido. Je suis sur la traj. La poignée de gaz semble rester accélérée. J'empreinte la voie de sécurité et suis rapidement de retour au box. La moto ressort pratiquement tout de suite et Cyril remet le couvert. Dimanche 12 Septembre : On l'a fait...Les relais s'enchaînent. Vers 1 h la pluie cesse enfin et la piste se met à sécher. Fred décide de me passer les pneus Wet afin de bénéficier de la traj séchante. Il fait fort bien puisqu'Olive rentre avec un pneu arrière pluie détruit. Je reprends le guidon et fais très attention aux endroits humides. J'arrive au freinage d'Adélaïde, attrape le frein et... me lève une pèle monstrueuse à 200 km/heure sur une trace d'absorbant recouvrant un résidu d'huile. Je pars en roulé-boulé manquant d'égaler mon record des pré-Bol et me relève indemne. Par contre ma titine a moins rigolé. La tête de fourche est en live et le demi-guidon gauche cassé net. Je vais donc entamer mon incroyable périple au milieu des gentils commissaires. 40 minutes c'est exactement le temps que je mettrais à ramener ma belle. Appuyée sur ma hanche gauche, tenant le té d'une main et mon demi-guidon restant de l'autre, j'attaque mon chemin de croix. Là des événements incroyables s'enchaînent. Philippe DONISCHAL et son amie vont me coacher durant tout ce périple. Ils ont assisté à ma chute, me délestent de mes affaires et vont me supporter tout au long du trajet, m'encourageant et me donnant à boire dés que je coince un peu. De l'autre côté de la moto ce sont les commissaires (merci Anne, merci tous les commissaires vous êtes des anges) qui vont se relayer de poste en poste pour m'aider à tenir. Je vois la détresse dans leurs yeux à tous car ils ne peuvent absolument pas m'aider sinon je suis disqualifiée. La piste gravillonnée monte puis descent et enfin, j'arrive dans la ligne droite des stands et suis récupérée par mon équipe. 20 minutes plus tard, Cyril reprend le guidon de notre petite moto et repart vers de nouvelles aventures. Je suis totalement vidée... et complètement écoeurée pour l'équipe. Mais eux me rassurent, me soutiennent et à aucun moment ne me font sentir le moindre reproche. Je reprend le guidon dans 2 heures et ça va être très dur. Mes bras sont tétanisés, mon dos est en miettes mais je serai à l'heure. J'entame donc ce dernier relais de nuit et la moto me parait lourde à emmener. Je mets ça sur le compte de ma petite forme et m'accroche. Elle est lourde ma grosse mère, de plus en plus lourde. Je peste contre moi-même, trouvant mon manque de performance impardonnable. ![]() Le T3 apparaît au panneau et là ces 4 derniers tours seront un calvaire. La machine refuse de rentrer dans les courbes et lorsqu'elle y est, ne veut plus en sortir. Je me demande même si je vais pouvoir rerouler après ça. Je rentre au box signalant quand même cette lourdeur de l'avant. "Ahhh ben c'est sur qu'elle était lourde tu t'es tapée tout ton relais avec une crevaison lente. Il doit te rester 400 grammes dans le pneu avant comme Olivier le relai avant toi..." Glups, ça calme. Le pneu est remplacé et mon Cyril repart au turbin. Le jour est levé et nos relais s'enchaineront ENFIN dans le calme. Je pars pour mon avant-dernier relais et me fais très plaisir au guidon de la moto. Je me trouve même plutôt fraîche grâce aux bons soins de nos super kinés et à la cuisine de notre chef, secondé par ma petite mère qui a elle aussi rejoint le LTG. Puis c'est le dernier relais. Le soleil brille de tout son éclat et la foule commence à s'amasser dans les gradins. Je roule bien et me régale. C'est bientôt la fin et tout va bien... jusqu'à ce qu'un charmant pilote décide de m'emmener par le frein avant avec lui dans le 180... Heureusement nous resterons tous les 2 sur nos roues mais c'était chaud !!! Je passe le guidon à Olive pour son dernier relais qu'il va d'ailleurs faire de 2 fois 20 minutes pour rendre le guidon une dernière fois à notre Cyrilou qui nous gratifiera d'un magnifique wheeling Nac-Nac au passage de la ligne. On l'a fait et le Team est ravi. Nous sommes 31ème et pour moi cette 31ème place est sans doute la plus belle de toute depuis que je roule en endurance. Après cette semaine de folie, nous nous rendons tous les 3 à la remise des prix pour retrouver tous les autres rescapés de l'aventure. 115 chutes je crois que c'est ce que Patrick Coutan nous a annoncé et seulement 7 teams ont su rester sur leurs roues. Le simple fait d'avoir terminé pour moi est la plus belle des victoires.
Je tiens a remercier toute mon équipe : Notre Team Manager Fred, Olivier et Cyril mes coéquipiers, Hervé Gilly qui m'a laissé sa place (remets toi vite !) et tous les formidables membres du LTG. Mon Seb Moréno, ami fidèle, sans qui rien ne serait arrivé. Gaby, Fred, Micha, Pierrot, Babette, mes parents et le 3A pour leur soutien sans faille Ma petite JUL(ie) et Agnès pour avoir encore et toujours cru en moi Tous les commissaires pour leur soutien et leur incroyable efficacité Philippe Donischal et son amie pour leur aide précieuse (c'est ça aussi un grand pilote, respect) Ma Coco pour son coup de main exemplaire (sans elle pas de kinés...) Tout le Power Bike #68, Lolo Zanetto, et tous les pilotes qui m'ont soutenu durant la semaine ainsi que les team voisins. Françoise Depierre pour sa couverture média de ma petite personne. L'organisteur pour le déroulement de ce week-end hors-pair. Je félicite tout particulièrement ma Piglet préférée Fabienne MIGOUT qui a su nous faire un Bol d'enfer et en même temps une deuxième place à la Ducati Cup, respect ma Belle et vivement 2005... et Miss Speednenette Christelle ORSI pour sa prestation extraordinaire (bonne chance pour le promo avec les grenouilles). Tous le 3A Racing Team remercie ses partenaires, Technic Motos et Philip' Motos concessionnaires Yamaha à Firminy et St Etienne, Yamaha France, Modertech Industries, Pirelli, Afam, Door Performance, Ipone, Roof, Ermax, GP Composites, DF Racing, Ohlïns, Carbone Lorraine, Béringer, Marc Déchaux, SWM Autoblock, Imprimerie Marcoux, Géant Casino La Ricamarie, AFG P.Titoulet, Carrosserie Coupier, Arc en Ciel. Rendez-vous la saison prochaine |