| 24 HEURES DE SPA-FRANCORCHAMPS 2001 |
24 Heures de baston !!! En l'absence de Kawasaki, c'est sur une Yamaha et dans un team privé
de pointe, le Team Free-Bike Performance, que j'ai participé aux 24 Heures de Spa. Bertrand SebileauAvec Mizéra et Lagrive comme co-équipiers, l'équipage a de la gueule et le team de Pierre Libé, managé par Jean-Roger, quoique entièrement constitué de bénévoles n'a pas à rougir face aux teams professionnels. Organisation, matériel, intendance, motivation et compétences sont au rendez-vous et, dès le premier contact, je sens que tout est réuni pour que l'on fasse de belles choses ensemble. Les essais à Spa sont brefs : 2 heures d'essais libres pour l'équipage, 2 fois 1/2 heure d'essais chronos et 1/2 heure d'essais de nuit par pilote et basta, tout doit être réglé et les chronos doivent parler. Notre moteur d'essai est un peu asthmatique, en revanche nous trouvons rapidement les réglages de la partie cycle qui m'étonne par sa vivacité incroyable, sa rigidité et son apparente légèreté, le tout enrobé d'une excellente stabilité. Systématiquement aux avant-postes, nos temps cumulés aux essais chronométrés nous feront partir de la quatrième position. Mathieu Lagrive, auteur du deuxième meilleur temps absolu sur le sec, s'élancera si le soleil brille et moi s'il pleut, fort de mon troisième meilleur temps tous pilotes confondus dans ces conditions. Le moteur de course, installé dans le châssis pour la deuxième séance chrono, est heureusement plus puissant que son homologue d'essai même s'il ne dispose pas du punch du moteur Kawa ni d'une boîte de vitesses aussi douce et rapide que celle de la ZX-7R. Mais, là au moins, on va pouvoir doubler les Stocksport dans la ligne droite et tenir l'aspi des Super-productions. À 15 Heures samedi, il tombe des cordes sur Francorchamps. Déjà en retard sur les horaires, l'organisation belge prolonge les procédures de départ et c'est à 15 heures 45 que le départ est enfin donné sous une pluie beaucoup plus fine et une piste moins inondée. Notre R7 engorge très facilement à bas régimes rendant le démarrage difficile. Je boucle néanmoins le premier tour en 9è position et remonte un à un tous mes adversaires pour prendre la tête après une poignée de tours. Talonné par Mertens sur sa Suzuki qui a calqué son rythme sur le mien, notre R7 Free-Bike boucle le premier relais en tête. Avec mes co-équipiers moins à l'aise sur le mouillé, notre place oscille ensuite entre la sixième et la deuxième au gré des relais et des ravitaillements. Mais pendant le premier tiers de course, pas moins de sept motos luttent dans le même tour avec la Suzuki de Méliand, les deux chinoises, la Guyot, la Phase One, la Honda SP1 Wim Motors et notre Yamaha R7. C'est super, je fais tout un relais avec Morrison sur la seule officielle, je me tire la bourre avec Linden sur la Phase One, je double la Guyot, la Wim Motors et les Zongshen. C'est en milieu de nuit que la Suz Méliand fait le trou. Sur la piste s'assèchant, ses Dunlop fonctionnent bien et chez Michelin, nous tardons sûrement un peu trop à passer les pneumatiques intermédiaires que nous n'avons pas eu le temps de valider lors des essais. En plus, toutes les sorties de Pace Car nous pénalisent et, contrairement à nos adversaires directes, nous y laissons pas loin de deux tours sur l'ensemble de la course. La deuxième moitié du parcours est sur le sec et nous enchaînons des relais d'enfer en 2'33 et 2'34, mais si la Méliand est hors de portée, la bagarre continue entre la Guyot, la Phase One et nous. Personne ne lâche le morceau malgré un guidon desserré et une roue avant récalcitrante qui nous font perdre un peu de temps, je m'élance pour le dernier relais à un peu plus de deux minutes de la 94 du Team Guyot et 25 secondes devant la Phase One championne du Monde en titre. Ma seule préoccupation est de défendre notre place sur le podium. Je maintiens la pression et Igor Jerman, le pilote le plus rapide de la Suzuki à nos trousses qui a déjà beaucoup donné craque. En quelques tours, l'écart augmente d'une dizaine de seconde et, vidé, Igor rentre aux stands laisser sa place. Du coup, avec 1'20 d'avance, je réduis le rythme pour carrément ralentir dans les deux derniers tours d'autant que de l'huile est signalée depuis avant Blanchimont jusqu'à l'arrêt de bus. Dans le dernier freinage, j'ai la surprise de voir la Guyot me dépasser. Je ne réagis même pas. Je ne sais pas qu'elle a été pénalisée d'un stop and go de deux minutes pour avoir fait rouler trop longtemps son pilote le plus rapide. Pénalisation effectuée dans l'avant-dernier tour, mon panneautage surpris de ce revirement n'a pu me prévenir et pour deux malheureux dixièmes de seconde la deuxième place du podium nous échappe. Mais peu importe, nous avons réalisé une course parfaite, aussi bien sur la piste que dans les stands, notre stratégie des doubles relais nocturnes a bien fonctionné, seule la chance liée aux interventions des pace car s'est retournée contre nous. Mais nous montons sur le podium en remportant la victoire Superbike derrière les deux Superproduction de pointe qui occupent les deux premières places de la Coupe du Monde d'Endurance. Pas mal pour une vraie équipe privée. |