CB500 Cup
résumé de Tanguy Rouzel Carole Juin 2002

Première qualification : quel beau week-end !

Vendredi 31 :
Après un mois et demi de trêve, les hostilités reprennent.
Malgré l'heure matinale, le paddock est en effervescence, le cri strident des 2 temps qui se font la voix, le cliquetis des outils sur le bitume, les machines mises à nues pour les ultimes réglages, derniers autocollants pour habiller définitivement les robes...
La Squadra s'installe dans l'ancien paddock, à l'abri des arbres, nous échapperons à la chaleur étouffante qui sévira tout le week-end.

Dès quatorze heures le contrôle administratif est effectué, le technique est passé sans encombre et à quinze heures on prend la piste pour trente minutes d'essais libres. J'utilise de nouvelles bottes et on va s'appliquer à trouver la position la plus confortable au niveau du sélecteur.
Les temps sont encourageants et on peut rêver à une première qualif. dès le samedi.
Cependant un doute s'installe sur le frein avant qui perd de son efficacité après quelques tours.

Samedi 1er :
Tanguy Rouzel au virage hotel du circuit caroleLa journée commence par une purge du frein avant, ce ne sera pas la dernière du week-end.
Les quinze minutes d'essais obligatoires doivent être menées bon train pour mettre à l'épreuve le système de freinage et essayer d'identifier la cause du mal.
Les impressions de la veille se confirment : après quelques tours, la poignée devient spongieuse, une nouvelle purge prouve la présence de bulles d'air dans le liquide de frein.
Le maître cylindre martyrisé par les chutes des premières courses semble rendre l'âme.
La tension monte à la parution de la grille de départ de la manche qualificative, la série est rapide, on partira en dix-huitième place.
Il faut entrer dans les douze.
L'arrivée de nombreux amis réconforte mais la boule au ventre est de plus en plus présente.
Cette course a été bien préparée mais le niveau est élevé, seule une qualification peut effacer les désillusions du début de saison.
Avec Philippe, l'ami qui me suit ce week-end, on décide de prendre tous les risques dès le premier virage : ça casse, sans regret ; ça passe, c'est aux autres de " travailler ".
Appel en pré grille, la chaleur sous la combinaison ; attendre que la série précédente se termine ; installation en pré grille ; derniers regards vers les accompagnants ; coups de gaz agressifs ; entrée dans l'arène.
Feu vert : on ne perd pas de place jusqu'au premier virage d' alpha qui comme toujours est très encombré.
C'est parti très vite devant ; il est sûr que le niveau a encore augmenté depuis le mois de mars ; on est dans le rythme mais il va quand même falloir doubler au moins six concurrents.
Chute à Golf : deux places de gagnées sans effort mais on perd le contact avec la tête de course ; gros freinage à Hôtel qui efface deux pilotes ; bagarre avec la machine n°2 qui me fait perdre le fils de la course ; des regards interrogateurs vers le muret des stands me fait comprendre que ce n'est pas fait mais on ne doit pas être loin.
Dernier tour, trop risqué d'aller chercher la machine qui nous devance ; chute dans la parabolique ; sous le drapeau à damier je vois Philippe lever les bras au ciel : première qualification immense soulagement et grosse joie.

Dimanche 2 :
Quel délice d'assister en temps que spectateur aux repêchages.
Sereinement on attend le début d'après-midi pour laisser monter la pression.
La grille de départ nous place vingt-troisième. L'objectif est d'améliorer les chronos et d'entrer dans les vingt.
Derniers réglages et ... dernière purge.
La pression est moindre que la veille mais le stress est bien présent.
La présence du public nombreux accentue l'impression d'être au centre de l'arène.
Départ raté : premier tour bouclé avant dernier ; déception.
Au loin de la poussière : la bagarre en tête fait des victimes.
On commence notre remontée ; les freins ne donnent décidément pas satisfaction ; la différence de rythme avec la manche qualificative est impressionnante.
La chaleur assèche la gorge ; les quinzes tours mettent l'organisme à l'épreuve ; le physique est là et on s'accroche jusqu'au bout.
Premier " vrai " drapeau à damier et sentiment d'avoir bien fait son boulot.
On sera finalement classé dix-septième à deux places des premiers points.

Bon week-end

Rendez-vous à CROIX EN TERNOIS.

#35 Tanguy Rouzel