| Bilan de la saison 2002 par Michel Robert |
| @TOMO Course 7/8 Ledenon |
La préparation Le retour de Dijon est morose.Nicolas part en vacances et je me retrouve seul à Joinville avec un Jérôme qui s'enferme dans un mutisme absolu. Toute son énergie a disparu en fumée avec nos dernières pièces préparées. Je décharge seul le camion et démonte le moteur pour connaître la cause la casse. Je trouve une bielle baladeuse et un piston arrière avec un de ses supports d'axe cassé. L'axe est entier au fond de ce qui reste du carter. C'est donc un clips de piston qui s'est fait la malle. Encore un coup de la pièce à deux balles qui fait tout exploser ! Jérôme est démotivé et ne vient même pas regarder le moteur ouvert. Il me dit qu'il ne fera qu'assurer les derniers déplacements mais n'en fera pas plus. Beaucoup de nouvelles viennent s'ajouter à cela : la deuxième course de Dijon est annulée 5 jours avant puis on nous propose un report éventuel de l'épreuve sur Le Vigeant une semaine avant Carole. Cela est à décider par l'ensemble des pilotes et trois possibilités restent. Soit il n'y a plus que deux courses Ledenon et Carole et nous conservons le classement X-2, soit deux courses et X-1 comme prévu à l'origine soit encore X-2 et trois courses. Plein de possibilités mais de toutes façons il faut que je fasse de gros points pour refaire mon retard sur mes deux principaux concurrents. En plus de cela, il faut que je trouve de quoi remonter un moteur d'origine correct car même nos seules culasses préparées sont HS. J'appelle Manu à la Sodemo pour rapatrier une paire de culasses restée là-bas. Jérôme consent à m'aider à remonter un bas moteur stock et nous attendons les culasses qui ne viendront que la semaine avant Ledenon. Une journée d'essais est prévue par CGO le jeudi 29 et j'ai pris 10 jours de congés à venir pour effectuer cette journée et rester sur place. Nous ne remontons le reste du moteur pour démarrer la moto que le mercredi soir. Horreur, elle fait un sifflement épouvantable. Après quelques essais, nous devons abandonner l'idée de partir le soir même. Le jeudi est consacré à démonter tout le moteur sans que nous trouvions la cause du sifflement hormis un frottement du volant sur une patte du capteur. Le jeudi soir, nous redémarrons enfin mais il y a toujours le sifflement. Deuxième démontage et, ce coup-ci, nous trouvons un pignon d'arbre à cames tout bleui. C'est un cas de figure que nous n'avions jamais eu : les culasses que nous avons remontées proviennent d'un TLS et doivent être montées avec un pignon intermédiaire plus petit. C'est d'autant plus énervant que toutes les autres pièces du moteur sont identiques et que nous avions déjà monté des arbres de TLS dans la culasse de TLR. Nous remontons les arbres bleuis avec un pignon de TLS en priant pour que cela tienne car c'est notre dernière paire d'arbres. Ouf ! La moto démarre enfin le vendredi soir et nous partons vers le sud avec un crochet à Lagnes chez Patrick et Aline où je reste 4 jours en attendant les essais du jeudi. Jérôme part lui chez Franck Carbone. Les essais Jeudi matin, il pleut sans discontinuer. En début d'après midi, cela se calme un peu et je vais découvrir la piste qui a été refaite début août.Je pars avec un pluie avant et un mixte arrière mais le bitume est très glissant à certains endroits comme fondu par la chaleur et lissé par des pneus de voiture. La deuxième séance est sèche mais la moto est délicate à inscrire en entrée de courbe. De plus un léger dribble arrière persiste en fin de triple gauche. Nous sommes avec la configuration de Dijon, donc avec le Delcamp avant. Pour le vendredi, nous essayons de remonter le White Power avant avec une réduction de la démultiplication qui raccourci la moto. Je retrouve de meilleures sensations en entrée de virage et le dribble arrière a disparu mais le dribble avant dans les trois cordes du triple est revenu. On n'a pas réussi à avoir le beurre et l'argent du beurre ! Il reste le samedi matin une petite séance libre de 10 mn avant la manche de qualification. Nous remontons le sabot lourd. Le dribble avant n'a pas disparu. Pour la manche de qualif de l'après midi, nous décidons de remonter le Delcamp avec plus de pression sans le sabot lourd. Je vois tout de suite que le dribble devient gérable mais l'entrée en virage est toujours délicate. C'est sans doute en limitant la course que nous obtiendrons cette maniabilité. Je suis dans la première manche avec Louis Luc qui prend le meilleur départ. Je rate le mien car j'avais observé le départ précédent et le feu vert était passé tard et là, il est très rapide. Je remonte les quelques places perdues dans le premier tour mais Louis Luc a pris de l'avance et tourne fort. Je termine deuxième de cette courte manche devant Kuhn, Gadille et Cuttica. Louis a réalisé un 1'30"0 et moi 1'30"9. Dans la deuxième manche, c'est Molinier qui s'échappe suivi par Franz. C'est Eric Mairone qui fait le spectacle en remontant tous les concurrents avec un beau chrono de 1'29''9. Il finit par doubler Franz sur la fin mais derrière Molinier. En temps cumulé, Louis Luc est le plus rapide, devant moi, Molinier et Mairone. La première ligne est constituée. Samedi soir, enfin, la décision de ne pas aller au Vigeant est prise. Le classement reste avec un X-2 ce qui ne semble pas très juste mais c'est comme ça. La course La météo annonce de la pluie pour le dimanche mais au matin le ciel est chargé mais la piste sèche.Les séances de repêchage sont animées mais vers midi les premières gouttes tombent. Un déluge suit. Nous avons peu de temps pour réagir car la course est prévue à deux heures. Nous assouplissons les hydrauliques, détendons les ressorts et remontons un peu la moto. La pré grille se forme sous un petit crachin et nous partons pour le tour de chauffe. La piste est très sale par endroit avec des coulées de boue, des ruisseaux et toujours les traîtresses plaques de bitume lisse. J'essaie de trouver des trajectoires et de faire chauffer mon frein avant sans trop faire chauffer la moto. Mon départ est correct et je passe le virage du pont en troisième position. C'est Mairone qui a fait le holeshot et Louis lui emboîte le pas. Molinier et Franz Schwarz me filent le train. Mon pneu arrière glisse énormément dans les sorties lentes. Nous n'avons pas assez assoupli l'hydraulique. Au troisième tour, Molinier me passe. J'ai un peu de mal aussi avec le frein car nous avons laissé les plaquettes qui freinent fort mais tard. Les autres n'étaient pas appairées avec le disque et j'aurai du rôder. J'en suis quitte à me faire peur en freinant réellement dernier carat à 20 mètres des virages. Je commence à contrôler les endroits délicats et passe Louis Luc pour rester dans le sillage de Molinier qui semble avoir un bon rythme. Quatre tours durant, je m'attends à voir Mairone ou Molinier se mettre au tas mais, malgré quelques dérives, ils restent sur leurs roues. Il reste quatre tours et Molinier passe Mairone. Je lui emboîte le pas et commence à titiller Molinier au freinage. Il ne reste que deux tours et je porte mon attaque au pont et passe Molinier à l'intérieur. Je dérive un peu mais lui aussi et un petit écart de deux secondes se creuse que je conserve malgré les attardés jusqu'à l'arrivée. Mairone est resté dans la roue de Molinier et complète le podium. Franz n'est que quatrième et Louis Luc abandonne à deux tours de la fin sur un problème de boite alors qu'il était 5ème. C'est très dommage pour lui car il perd toute chance de gagner le championnat.Le surprenant Bonfiglio avec sa 650 SV Suzuki hérite de sa place. Conclusion Malgré mes 27 points à retirer dus au X-2, Franz ne peut gagner le championnat que s'il fait premier ou deuxième sans que je gagne à Carole. La pression est sur lui et j'ai l'avantage du terrain. Nous allons quand même préparer le plus sérieusement possible la finale ! |