Bertrand Sebileau Kawasaki Z1000 N°11
CHAUD WEEK-END !

CHAUD WEEK-END !

moto tourDepuis Spa début juin, tout s'est enchaîné sans interruption. Entre les reconnaissances du Moto Tour et mes différentes activités pour Kawasaki, je n'ai fait que des passages-éclairs chez moi et ai avalé un paquet de kilomètres à (très) bon rythme.

Rentré d'essais en Espagne le mercredi soir, je suis reparti jeudi matin pour le Vigeant, saluer la fin du premier stage 2003 des Journées K et préparer les deux courses de Super Roadster Cup du week-end.

Peut-être que ce rythme soutenu et épuisant depuis 6 semaines et sûrement plusieurs milliers de kilomètres à l'attaque - dont les trois derniers jours sur circuit avec des motos de route - ont joué dans l'erreur que je commets par manque de concentration dès le deuxième tour de mon premier roulage.

Alors que je rode mes plaquettes de frein et que je redécouvre la piste " style touriste ", j'oublie la boîte inversée de ma moto de course et rétrograde un rapport sur l'angle au lieu de le monter.
La sanction est immédiate et si la moto s'en sort sans gros bobos, je me suis repassé une couche sur l'épaule droite qui n'en a pas vraiment besoin.
Toute la nuit elle me lance, et, ne dormant que deux fois une demi-heures, j'ai tout le loisir de chronométrer les interruptions de ronflements de Christian Haquin, avec qui je partage la chambre d'hôtel. Une fois 21 minutes, une fois 34.

Le matin, je ne peux qu'à peine bouger le bras et m'inquiète un peu de la suite des opérations. Mais l'expérience me rend optimiste et je sais qu'une fois sur la moto, on se rééduque très vite.
Si la première séance est difficile, plus je roule et mieux ça va et au terme de la première journée, j'ai retrouvé le sourire, je sais que ça ira.
J'assure les essais chronométrés et n'effectue que quelques tours rapides en fin de deuxième séance. Je réalise la pôle devant Loustalet et sa Yamaha.

Ne pouvant être sur tous les fronts, le week-end étant particulièrement chargé en courses moto, Dunlop n'assure qu'un service minimum sur l'épreuve du Vigeant. Le calendrier 2004 devra être plus attentif à cette situation difficile à gérer.

Pour les pilotes, la difficulté consiste à choisir les pneus de course dès le vendredi, sans pouvoir les essayer, la quantité apportée ne le permettant pas. Ajoutez à cela que la plupart des références sont nouvelles par rapport aux précédentes courses et comprenez le casse-tête.
J'ai joué la sécurité en choisissant deux références que je connais et que je sais tenir la distance même si je prends un risque sur l'efficacité.

Pour la course de samedi, j'opte pour celui que je pense être le plus risqué du point de vue performances et décide d'effectuer une course sage. Un peu surpris par le départ donné très rapidement, je passe néanmoins en tête après quelques virages et mène les premiers tours.

Derrière, j'entends à chaque freinage une moto pétaradante qui me colle aux basques. Je pense immédiatement au twin Suzuki de Sébastien Bernard qui a fait un très bon temps aux essais chronos et dont la moto m'a été décrite comme étant une balle.
Quand il me passe, je ne résiste pas, ce dernier n'étant pas dangereux au championnat et, en perdant du terrain malgré l'aspiration dans les bouts droits, je vérifie qu'effectivement sa moto marche très fort.
Je le laisse partir sachant que le danger est derrière moi en la personne de Christophe Loustalet. Un peu après la mi-course, alors que, comme présagé, mon pneu arrière glisse beaucoup, il me passe.
Je le suis quelques tours et, ne voulant pas connaître la mésaventure de Nogaro, je n'attends pas le dernier tour pour le repasser. Je l'attaque à trois boucles du but, à l'intérieur au freinage.
Mais ce dernier relâche les freins et me plonge littéralement dessus m'obligeant quasiment à m'arrêter pour éviter d'extrême justesse l'accrochage.
Le temps de revenir, je retente un dépassement et re-belote, la même. Il me le fait encore une troisième fois dans le dernier tour m'obligeant à me contenter de la troisième place.

Mais ma colère devant le danger et l'incorrection de ces manœuvres laisse place à l'étonnement quand je découvre que celui que je croyais être Sébastien Bernard est en fait Bernard Cazade dont la 1000 Fazer fait un bruit au rétrogradage pour le moins étonnant pour un 4 cylindres.
À Christophe, je ne dirais qu'une chose : moi aussi je peux relâcher les freins quitte à être trop vite et trop large comme lui dans le virage, et là, ce sera bac à graviers pour celui qui sera à l'extérieur.

Mais dimanche, pour la course qualifiée "d'endurance" puisque cette dernière dure une heure avec un ravitaillement obligatoire, ma tactique est tout autre et je compte bien ne pas voir la Yamaha 64.

En effet, avec son réservoir plus petit, je sais que le temps de ravitaillement de la Kawa sera plus long que celui de la Yamaha.
Il me faut donc cravacher pour prendre le maximum d'avance avant l'arrêt. Je pars en tête, me fait déborder par un Haquin survolté sur sa Z 1000, qui mène un tour avant que je le repasse et commence à creuser un écart.

Comme prévu, mon pneu arrière en gomme plus dure se comporte mieux et je parviens à prendre 10 secondes d'avance avant de m'arrêter au stand après 45 minutes de course.
Bien m'en a pris car quand je rejoins la piste, c'est juste devant Loustalet mais juste derrière Cazade, les Yam ayant refait leur retard du fait du peu d'essence qu'elles ont à rajouter pour terminer la course.

Je reste quelques tours pris en sandwich entre les deux Yam, mais ne m'inquiète pas. Je suis frais comme un gardon, ma Kawa va bien et j'ai décidé de gagner.

Je repasse en tête à 3 tours de la fin et maintient un rythme suffisamment élevé pour empêcher toute tentative de dépassement.
Le finish est de toute beauté puisque après une heure de course, les places du podium se jouent en moins d'une seconde, Loustalet parvenant à chiper la deuxième place à Cazade dans le dernier tour.

Voilà un week-end de course qui se termine mieux qu'il n'a commencé et qui me permet d'accroître mon avance au championnat de 3 petits points sur Loustalet que je devance dorénavant de 9 points.
Tout va donc se jouer sur le circuit Carole en Octobre où deux courses décideront du champion.

Y'a suspense ! !

Bertrand Sebileau

Mes partenaires :
- KAWASAKI
- IGOL
- Dunlop
- TIV (Tolerie Industrielle de Vitry)
- Motodium 9.5 (Concessionnaire Kawa de St Ouen l'Aumone)
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