Bol d'Or 2001
www.esprit-racing.com Free Bike & Bertrand Sebileau
Page Suivante
infoMOTO.org
Retrouvez nos autres participations en Endurance : Mans 2001 sur Voxan.Bol d'Or 2000 sur Ducati

Bertand Sebileau sur la Yamaha R7 de Free BikeKawasaki étant absent du Bol, la sportivité de Christian Bourgeois m'a permis de continuer l'expérience Yamaha Free Bike amorcée à Spa, lors du 65ème Bol d'Or, le deuxième à Magny-Cours.

Le budget limité de ce team privé de Pierre Liebé, concessionnaire Yamaha de Mulhouse ne nous ayant pas permis de participer aux essais pré-Bol, c'est
mercredi lors des séances d'essais libres, que Mathieu Lagrive, Cyril Fernandez mes co-équipiers et moi avons fait connaissance avec la R7 Free Bike sur le tracé nivernais.

Perturbés par la pluie, ces essais nous auront juste permis de nous familiariser avec la moto et commencer à la régler. Les deux heures de
jeudi sont studieuses afin de parfaire la mise au point tant en moteur qu'en partie cycle.
Allant toujours dans la bonne direction, la moto progresse vite et nous nous situons dès le début aux avant-postes.
La séance chronomètrée le confirme, avec le troisième temps au cumul des trois pilotes, ainsi que la séance de nuit sous la pluie avec le deuxième meilleur temps : Que se soit sec ou mouillé, de jour comme de nuit, nous sommes dans les temps des équipages briguant la victoire.
Vendredi, nous réalisons même le grand chelem sur l'ensemble des séries chronométrées puisque sous l'averse et sur piste séchante des dernières séries, la Free Bike s'empare des meilleurs chronos, Mathieu chez les brassards bleus, moi chez les blancs, Cyril pour les rouges et Gérald Muteau, notre pilote de réserve dans la série verte des quatrièmes pilotes.
Là, on impressionne d'autant que la domination totale d'un équipage sur une journée d'essais chronométrés ne s'était jamais vue en Endurance depuis que l'on court à trois pilotes.
Inutile de vous dire que l'ambiance au sein de cette équipe sympa et soudée a gagné en euphorie et que la motivation générale est montée d'un cran. Se battre devant est un bon stimulant.
5ème temps du Warm up samedi matin, nous avons davantage consacré la séance à parfaire la mise au point du moteur de course et de la partie cycle avec le plein d'essence qu'à chasser le dixième.
Mais là, nous sommes fins prêts, la moto se comporte très bien, permet beaucoup d'improvisation et rattrape les trajectoires avec une bonne facilité ce qui est précieux pour les dépassements. Elle est assez stable et plutôt confortable même si la protection est minimaliste.
Bertrand Sebileau arrive d'un relais de nuit.À quinze heure, je prends le départ.
Moyennement d'ailleurs car en relâchant l'embrayage un peu trop brutalement, j'engorge le moteur qui ne demande que ça et me fait déborder de tout coté.
Je remonte néanmoins neuvième au premier passage puis gagne des places au fil des tours. Le moteur encore trop neuf n'est pas totalement libéré et ne donne pas toute son accélération.
Je vais le sentir progresser au fil du relais que je termine troisième derrière deux des officielles la Suzuki et la Honda.
Première Yamaha, premier privé aux basques des usines, la course démarre plutôt bien.
Un peu plus longs à se mettre dans le rythme, mes co-équipiers maintiennent néanmoins la moto aux avant-postes et nous naviguons entre la deuxième et la septième place au fil des relais.
La pluie qui aurait pu être notre alliée vu l'homogénéité et la rapidité de l'équipage dans ces conditions, va nous nuire en ne faisant que de très fugitives apparitions, provoquant quelques erreurs tactiques quant au choix des pneus nous pénalisant de multiples arrêts.
Un problème de roue avant puis un maître-cylindre de frein qui lâche nous font perdre un peu de temps, tout comme les deux stop and go récoltés pour vitesse excessive dans les stands par mes coéquipiers.
Mais c'est en fin de nuit que l'alerte fut la plus forte : Un attardé que je m'apprête à dépasser me coupe prématurément la trajectoire en entrée de la chicane du Lycée.
Je relâche les freins pour ne pas le percuter et arrive un peu fort dans la chicane. Trop juste pour passer normalement, je relève la moto et coupe la sortie.
Manque de bol, je rebalance la moto pour reprendre normalement la piste pile poil sur l'huile laissée par la MV quelques heures plus tôt et qui n'a pas été vraiment nettoyée sur cette partie inutilisée de la piste.
Heureusement, la moto n'a pas trop souffert et je ne perds qu'une poignée de secondes pour rentrer aux stands remplacer l'habillage et la platine repose-pied gauche cassée.
Sur la piste, seule la Honda est réellement intouchable et démontre de performances au-dessus du lot. C'est d'ailleurs la seule qui m'aura dépassé sur ces 24 Heures.
La nuit, je me suis régalé, notamment un relais lors duquel le pneu arrière choisi glissait copieusement, mais me permettait de tenir les chronos dans un ballet qui devait réjouir les concurrents dépassés.
En fin de course, dans ce qui aurait du être l'avant-dernier relais, en même temps qu'une fine averse venait brouiller les cartes, Cyril souffrant d'une crampe se faisait remonter 6 à 8 secondes au tour par la Phase One alors 4ème.
Laisser Cyril aller au terme de son relais, c'était se faire reprendre par la Suzuki, l'arrêter avant la fin, c'était un ravitaillement de plus.
C'est cette option tout aussi funeste qui a été choisie puisque le ravitaillement de trop nous aura fait perdre ce podium tant convoité.
Mais peu importe, terminer derrière deux équipes d'usine et l'équipe Championne du Monde en titre, deuxième Superbike et première Yamaha est le résultat d'une belle course et de l'investissement totale d'une équipe de bénévoles passionnés qui s'est hissée au niveau des meilleurs spécialistes professionnels de l'Endurance.

Et ça,
c'est une performance.

Bertrand Sebileau

Page Suivante